Karim El Ahmadi : “Les Marocains n’ont qu’un objectif : gagner cette CAN.”
- Le compte à rebours est désormais lancé : dans 100 jours, le Maroc ouvrira la Coupe d’Afrique des Nations CAF TotalEnergies face aux Comores, au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, le 21 décembre
- Ancien milieu de terrain des Lions de l’Atlas, Karim El Ahmadi apporte sa voix et son expérience pour partager à la fois ses souvenirs et son regard sur cette édition tant attendue
- Entre la jeunesse montante et l’expérience des cadres, le Maroc aborde cette CAN avec l’ambition de confirmer son statut de nation phare du football africain
Dans 100 jours exactement, le 21 décembre, le Maroc donnera le coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations CAF TotalEnergies 2025, un rendez-vous attendu avec une ferveur particulière dans tout le Royaume.
Pour mesurer la portée d’un tel événement, il suffit de tendre l’oreille à l’un de ceux qui ont vécu la Coupe d’Afrique des Nations CAF TotalEnergies de l’intérieur : Karim El Ahmadi. Ancien milieu relayeur des Lions de l’Atlas, présent aux éditions 2017 et 2019, il incarne cette génération de joueurs qui ont porté haut les couleurs du Maroc sur la scène internationale.
Son expérience de la compétition illustre à la fois l’exigence, la fierté et les espoirs qu’elle suscite. Pour lui, la CAN n’est pas seulement une succession de matchs : c’est un moment où l’identité d’un pays se confond avec la quête d’un trophée, où les joueurs laissent de côté leurs carrières en club pour ne penser qu’à leur peuple.
Alors que le Maroc affrontera les Comores le 21 décembre prochain au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, les attentes sont immenses. Le pays s’avance avec l’ambition de conquérir un premier sacre continental à domicile, porté par une génération de talents évoluant dans les plus grands clubs européens. Et si la pression est forte, l’enthousiasme l’est tout autant. Comme le souligne Karim El Ahmadi, cette CAN sera l’occasion pour le Maroc de montrer au continent et au monde sa capacité à conjuguer excellence sportive, ferveur populaire et hospitalité.

CAFOnline.com : Alors, ma première question, comment vous sentez-vous et comment le Maroc vit-il ce moment à 100 jours de la CAN ?
Karim El Ahmadi : Je pense que le grand exemple de ce que sera la CAN, on l’a vu lors du match contre le Niger à domicile, avec le nouveau stade et l’atmosphère. Je crois que c’est exactement ce qu’on retrouvera en décembre : de nouveaux stades, énormément de supporters, des tribunes pleines. Voilà ce qu’on peut attendre de cette édition. Et je crois aussi que le Maroc est prêt : il y a de bonnes infrastructures, de bons hôtels. Tout le monde attend avec impatience cette CAN en décembre, dans leur propre pays. C’est un grand événement et je pense que tout le monde l’attend avec enthousiasme.
Vous avez participé à deux CAN, en 2017 et en 2019. Quels souvenirs gardez-vous de cette compétition ?
La CAN 2019, en Égypte, reste un bon souvenir. Nous étions premiers de notre groupe avec la Côte d’Ivoire, un groupe difficile, et nous avons gagné tous nos matchs. Ensuite, nous avons affronté le Bénin. Tout le monde pensait que ce serait facile, mais c’est ça la CAN : même les nations moins attendues peuvent battre les grandes. Nous avons perdu aux tirs au but, mais la phase de groupes avait été excellente. C’était une belle expérience. Avec l’équipe, on espérait plus, car nous sortions de la Coupe du monde en Russie, la première qualification depuis longtemps pour le Maroc. Tout le monde attendait beaucoup de nous, et nous aussi. Pour être honnête, c’était la meilleure équipe du Maroc avec laquelle j’ai joué, en termes d’expérience et de qualité. Nous étions prêts à accomplir quelque chose. C’est dommage de s’être arrêtés contre le Bénin, mais globalement, ce fut un beau moment.

Qu’est-ce qui rend la CAN si spéciale selon vous ?
Mais ce qui rend la CAN unique, c’est que les joueurs ne jouent pas pour un club, ni pour un salaire, ni pour de l’argent. Ils jouent pour rendre heureux leur peuple, leur famille, et pour ramener un trophée à leur pays. C’est ce qui fait la différence. Mais pour moi, la CAN reste spéciale parce qu’on joue pour sa nation et pour son peuple. Et à la CAN, il n’y a pas de petite équipe. Tout le monde se bat pour gagner. Regardez la Zambie qui l’a remportée en 2012. Même les nations moins attendues seront redoutables.
Dans 100 jours, le Maroc affrontera les Comores au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat. Les tribunes seront pleines, avec un énorme soutien des fans. Comment gérer cette pression ?
C’est vrai, il y aura de la pression. Mais à mes yeux, les supporters donnent une motivation supplémentaire, ils poussent les joueurs à donner plus que 100 %. Les joueurs marocains ont assez d’expérience pour gérer cette pression. Ce sera même une force. On l’a vu au Qatar : on avait l’impression de jouer au Maroc tant il y avait de supporters. En décembre, ce sera la même chose, avec de meilleures pelouses et de meilleures infrastructures. Les autres sélections en profiteront aussi. Je me souviens de certaines compétitions où j’ai joué où les terrains et les installations n’étaient pas bons. C’était difficile. Cette fois, les conditions seront idéales, et cela profitera aussi aux grandes équipes comme le Sénégal ou la Côte d’Ivoire. Mais pour le Maroc, ce sera surtout une motivation supplémentaire grâce au public.

Quelles sont les principales forces de cette équipe marocaine ?
La plus grande force, c’est le collectif. On l’a vu à la dernière Coupe du Monde : ce n’était pas seulement des individualités, mais une vraie équipe. Aujourd’hui, il y a énormément de talents et beaucoup de bons joueurs. À chaque poste, il y a trois ou quatre options. La force, ce sont ces joueurs capables de faire la différence : Hakimi à droite, Mazraoui à gauche, En-Nesyri en attaque, Amrabat au milieu pour l’équilibre défensif. Et surtout, on a un très bon gardien, Yassine Bounou, ce qui est essentiel pour gagner une CAN. Le plus difficile, ce sera pour Regragui : choisir son onze de départ.
Vous parlez encore avec des joueurs de l’équipe. Que vous disent-ils de cette CAN ?
Tous me disent la même chose : il n’y a pas de place pour une deuxième ou une troisième place. Il n’y a qu’un seul objectif : gagner la CAN et garder le trophée au Maroc. C’est la plus grande motivation de chaque joueur.

Et enfin, Karim, que souhaitez-vous pour le Maroc lors de cette CAN, sur et en dehors du terrain ?
Sur le terrain, j’espère que nous jouerons très bien et que nous gagnerons la CAN. En dehors, j’espère que tous les visiteurs profiteront du Maroc. Il y a énormément de choses à découvrir côté tourisme. J’espère qu’ils apprécieront le pays et auront envie d’y revenir chaque année. Et surtout, que tous les visiteurs, de tous les pays, se sentiront les bienvenus et passeront un bon moment au Maroc.