CHAN 2024 : Ngato refuse d’abdiquer, Balbon savoure la réaction des Étalons

Publié:

Le score est lourd, la soirée douloureuse, mais Sébastien Ngato n’a pas vacillé. Battu 4-2 par le Burkina Faso pour la première sortie de l’histoire de la Centrafrique en phase finale du CHAN CAF TotalEnergies 2024, le sélectionneur a gardé la tête haute. En face, Issa Balboné s’est réjoui du réveil de ses troupes, enfin à la hauteur des attentes après une entrée manquée contre la Tanzanie.

Dans l’antre du Benjamin-Mkapa Stadium de Dar es Salaam, les Étalons ont galopé. Portés par un Elizar Ouattara intenable, les Burkinabè ont livré une prestation aboutie, marquée par une vraie maîtrise collective et une supériorité mentale flagrante. « On a vu une équipe avec de la volonté, de la rage. Il fallait ce résultat pour se relancer », s’est félicité Balboné, soulagé.

Le technicien burkinabè n’a pas caché son inquiétude sur certains aspects, malgré le succès. « On a encore des choses à corriger, surtout en défense. Prendre deux buts sur ce type d’erreurs, ça ne peut pas nous satisfaire. Mais sur le plan mental, les garçons sont prêts. » Avant d’ajouter : « On sortait d’un match éprouvant contre le pays hôte. Il fallait se remettre dans le bon tempo. »

Si les Étalons ont retrouvé leurs jambes, les Fauves, eux, ont montré un visage contrasté. Par moments séduisants, souvent fébriles, les Centrafricains ont payé cash leur manque d’expérience à ce niveau. Et pourtant, leur sélectionneur n’a pas tremblé. « Je suis fier de mes joueurs, a martelé Sébastien Ngato. C’est notre première fois ici. On découvre ce niveau. L’important, c’est d’apprendre. »

Lucide, il a reconnu des erreurs de jeunesse. « Les buts qu’on a concédés, c’est nous qui les avons donnés. Mais ça fait partie du processus. On va travailler, on va corriger. » Refusant d’abandonner dès la première journée, Ngato a rappelé que le format de la compétition laissait encore de l’espoir. « C’est une poule à cinq. Il reste quatre matches. Rien n’est joué. Le Burkina aussi a perdu son premier match et a su se relever. On peut le faire. »

Il l’assure, ce revers ne signe pas la fin de l’histoire. « Ce n’est pas la fin du monde. On va tirer les leçons, remotiver les garçons. C’est dans ces moments-là qu’on voit les vraies équipes. » Pour lui, la pression a sans doute pesé sur des épaules encore fragiles : « Il y avait de la nervosité. Mais on a aussi marqué deux buts. On est capables de faire mieux. »

Un message positif, porté par une volonté de protéger un groupe novice, mais engagé. Le contraste est saisissant avec les mots d’Issa Balbon, qui sait que tout n’a pas été parfait mais veut s’appuyer sur ce succès pour bâtir la suite. « C’est une étape. Pas un aboutissement. Ce n’est qu’un début. Il faudra confirmer. »

Entre satisfaction et frustration, optimisme prudent et confiance affirmée, les deux hommes ont livré, chacun à leur manière, leur lecture du match. L’un avec la conviction que rien n’est perdu, l’autre avec l’espoir que tout commence. Deux regards, une même ambition : aller plus loin.