CHAN 2024 : Suleiman et López Garai, deux visions d’un même combat
Le sourire discret de Hemed Suleiman contrastait avec la déception visible d'Artiz López Garai. Mercredi soir, au Benjamin Mkapa Stadium de Dar es Salaam, la Tanzanie a attendu la 89e minute pour faire plier une Mauritanie organisée, combative et disciplinée. Une victoire (1-0), la deuxième en autant de matches dans ce CHAN CAF TotalEnergies PAMOJA 2024, qui place les Taifa Stars en position idéale pour une qualification en quarts. Mais l’Espagnol de la Mauritanie n’avait pas le cœur à parler d’échec.
En conférence de presse, Suleiman a salué la rigueur tactique de ses joueurs tout en remerciant le public local, acteur à part entière de cette victoire arrachée dans la douleur : « Je commence par remercier nos supporters, leur soutien a été précieux. Le match a été difficile dès le coup d’envoi. On savait que la Mauritanie allait jouer bas, en bloc, en misant sur des ballons longs. »

Le sélectionneur tanzanien s’est réjoui du réalisme de ses remplaçants et de l’impact de ses choix tactiques dans une rencontre qu’il qualifie lui-même de « bataille stratégique ». « Ce n’était pas un match ouvert, mais une vraie opposition de style. On s’attendait à ce type de configuration. Heureusement, nos changements ont été payants. »
Suleiman n’a pourtant pas manqué de relever les limites aperçues dans le jeu de ses hommes : « On retournera vite à l’entraînement pour corriger ce qui doit l’être, notamment sur le plan offensif. Ce n’est jamais facile de marquer contre une équipe qui défend avec six ou sept joueurs. Mais l’essentiel était de prendre les trois points. Notre objectif reste intact : sortir du groupe. »
La clé selon lui ? Le respect du plan de jeu : « J’insiste toujours sur la discipline tactique. Mes joueurs s’efforcent de s’y conformer. On avait même préparé un plan B si les choses tournaient mal. Aujourd’hui, on a su gérer le milieu et faire basculer le match dans les dernières minutes. »

Face à lui, Artiz López Garai s’est présenté avec beaucoup de dignité. Battu mais lucide, l’ancien technicien du CD Lugo a défendu ses joueurs, refusant de tirer à boulets rouges sur un groupe qui, selon lui, « ne méritait pas de perdre ». « C’est la loi du football. On peut dominer, produire du jeu, se créer des occasions… et encaisser un but sur une demi-opportunité. »
Dans un match qu’il qualifie de « solide » malgré la défaite, le sélectionneur des Mourabitounes s’est montré à la fois réaliste et amer : « On a su contenir l’adversaire. Le public mettait une pression forte, mais mes joueurs ont répondu présent. Il nous a manqué un peu de concentration dans les toutes dernières minutes, c’est ce qui nous coûte cher. »
Pour López Garai, la Tanzanie n’est pas seulement un hôte bien soutenu : elle est aussi un candidat crédible à la victoire finale. « C’est une équipe bien préparée, avec un public qui joue son rôle. Je les vois sortir du groupe sans problème. Ils sont parmi les favoris pour aller très loin. »

Et pourtant, malgré ce coup d’arrêt brutal, l’entraîneur espagnol s’accroche : « Ce n’est pas parce qu’on défend bien et qu’on tient un score que la victoire est assurée. Mais je suis fier de ce que mes joueurs ont montré. On avait un plan, on l’a suivi. On savait que ce ne serait pas simple, on a tenu 89 minutes. Je ne suis pas heureux du résultat, mais satisfait de l’état d’esprit. »
La Mauritanie devra maintenant battre le Burkina Faso et espérer un scénario favorable. Pour la Tanzanie, déjà à six points, l’heure est à la gestion. Mais à en croire Hemed Suleiman, la concentration ne faiblira pas : « Ce n’est pas fini. On doit continuer à progresser, et garder le cap. »
