La remontée tardive du Nigeria : Chelle trouve du réconfort dans la réaction des Aigles, Ngatsono cherche des leçons pour le Congo

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Le Nigeria a peut-être été éliminé du Championnat d’Afrique des Nations TotalEnergies (CHAN) 2024, mais l’entraîneur Éric Chelle insiste sur le fait que leur ultime prestation face au Congo a rappelé la qualité des Aigles.
La victoire 2-0 de son équipe au stade Benjamin Mkapa de Dar es Salaam n’a pas seulement privé le Congo d’une qualification, elle a aussi offert à Chelle un sentiment doux-amer de ce qui aurait pu être.
«Nous avons montré notre capacité technique dans la dernière partie du match, mais nous avons perdu plusieurs ballons avant cela», a déclaré Chelle.
«Quoi qu’il en soit, nous avons bien joué. Notre performance a été excellente et nous méritions de gagner le match. Je ressens un vrai regret car notre dernier match a été bon, mais les deux précédents ont été entachés d’erreurs. Nous avons commencé à un rythme élevé avec beaucoup de possession.»
Le regret de Chelle était palpable, mais tout autant que son admiration pour un groupe de joueurs qu’il décrit comme des « lionceaux » qui apprennent à évoluer sous forte pression.
Jouer pour l’honneur, pas pour la survie
Alors que l’élimination du Nigeria était déjà actée, l’entraîneur s’est dit fier de la manière dont ses joueurs ont abordé leur dernier match. Pour lui, cette victoire avait une portée bien au-delà du simple résultat.
«Je ne pense pas que mes lionceaux m’aient déçu », a souligné Chelle.
«La pression était énorme sur ces jeunes joueurs, et ils ont parfois joué avec crainte. Mais lors du dernier match contre le Congo, ils ont joué pour l’honneur, et c’est pour cela qu’ils ont bien performé.
«Il n’y a pas de déception à remporter ce match. Nos joueurs ont réagi aux résultats précédents et ont affirmé qu’ils ne voulaient pas rentrer à la maison avec zéro point.»
Cette résilience, selon lui, constituera la base d’un avenir plus solide, surtout alors que l’équipe cherche à se remettre de son plus grand revers : la défaite contre le Soudan.
«Notre plus grand regret vient de la lourde défaite face au Soudan, mais c’est ça, le football.
«Nous allons analyser soigneusement le match contre le Soudan afin de corriger ce qui n’a pas marché à l’avenir », a reconnu Chelle.
Préparation : l’ingrédient manquant du Nigeria
Au-delà de la tactique et de la volonté, Chelle a pointé du doigt les faiblesses structurelles qui ont handicapé son équipe bien avant le début du tournoi.
Un manque de préparation prolongée et une sélection montée à la hâte ont laissé les Aigles en difficulté face à leurs adversaires.
«La préparation pour un tournoi CHAN doit commencer un an à l’avance », a expliqué Chelle.
«Par exemple, le joueur qui a été élu Homme du Match contre le Congo, Alex, je l’ai ajouté à notre liste une semaine avant notre départ, et tout le monde disait : “Pourquoi l’as-tu convoqué alors qu’il n’est pas connu ?”
«Nous n’étions pas prêts à participer à ce tournoi. Quiconque assiste à nos séances d’entraînement verra que nos joueurs n’étaient pas mentalement préparés pour cette édition du CHAN.»
Ngatsono du Congo : battu par un « lion blessé »
Sur le banc adverse, l’entraîneur congolais Barthélémy Ngatsono a reconnu que le sort de son équipe avait été scellé par un adversaire plus fort, décrivant le Nigeria comme un « lion blessé » qui a rugi au moment le plus décisif.
«Comme je l’ai dit avant le match, ce ne serait pas facile, surtout que le Nigeria n’est pas une équipe facile à jouer », a reconnu Ngatsono.
«L’adversaire a su contrôler le ballon. Nous avons essayé d’apporter des changements en seconde période, mais il nous a manqué la concentration nécessaire, et c’est ce qui a conduit à notre défaite.»
La défaite a entraîné l’élimination du Congo, mais Ngatsono est resté philosophe, soulignant que ses « lionceaux » ont acquis une précieuse expérience malgré l’issue douloureuse.
Des leçons pour l’avenir
Ngatsono a fait écho aux regrets de Chelle concernant la préparation, notant que son équipe jeune n’était pas suffisamment prête pour les exigences du CHAN.
«Ce que j’ai retenu concernant notre sélection, ce sont les mauvaises préparations avant le début du tournoi.
« Cependant, nos jeunes joueurs n’ont pas démérité. Beaucoup d’entre eux n’étaient pas suffisamment préparés, ce qui nous poussera à viser une meilleure préparation à l’avenir », a-t-il déclaré.
Il a également reconnu la supériorité du Nigeria en termes de préparation et de condition physique.
«Le Nigeria était mieux préparé et physiquement plus en forme que nous, donc nous n’avons pas pu bien contrôler le ballon. Malgré notre bonne préparation avant le match, nous n’étions pas aussi prêts que prévu.»
Deux éliminations, deux visions
Au final, le Nigeria et le Congo quittent tous deux la compétition dès la phase de groupes, mais leur confrontation finale allait bien au-delà d’une simple élimination.
Pour Chelle, il s’agissait de montrer de la fierté et d’envoyer un message de progression ; pour Ngatsono, il s’agissait de tirer des leçons et de préparer l’avenir.
Les réflexions des deux entraîneurs illustrent deux facettes du défi constant du football africain : transformer un potentiel brut en performance durable, et faire en sorte que la préparation soit à la hauteur de l’ambition.