Ouattara, le cœur et les jambes des Étalons

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À Dar es Salaam, Élizar Ouattara a transformé une soirée décisive en démonstration. Dans un CHAN CAF TotalEnergies 2024 où le Burkina Faso n’avait plus le droit à l’erreur, le jeune milieu de terrain de 22 ans a livré un récital contre la Centrafrique (4-2). Infatigable, juste, et d’une sobriété rare, il a été désigné Homme du Match TotalEnergies sans contestation. Une performance pleine qui en dit long sur sa montée en puissance — et sur les ambitions retrouvées des Étalons.

Dans le couloir du stade Benjamin-Mkapa, il a reçu son trophée avec la même modestie que celle qu’il affiche ballon au pied. Pas d’esbroufe, juste un regard déterminé et quelques mots simples : « C’est une fierté, mais je ne suis pas seul. Ce trophée, c’est celui du groupe. Je ne fais que mettre en valeur le travail de mes coéquipiers. »

Contre les Fauves du Bas-Oubangui, Ouattara a été partout. À la récupération, à la relance, dans les intervalles et à la finition. Une présence continue, précieuse, qui a stabilisé le jeu burkinabè et libéré les couloirs. Après une entrée en matière ratée face à la Tanzanie, il fallait une réaction. Elle est venue de l’axe, là où Ouattara a régné. « On avait laissé passer notre premier match, reconnaît-il. Ce soir, on a joué avec le cœur. On voulait cette victoire. »

Si ses jambes ont parlé, ses mots aussi. À la question de savoir à qui il dédiait cette distinction, le numéro 4 n’a pas hésité une seconde. « Ma mère. On s’est parlé le matin du match. Elle m’a dit qu’elle allait prier pour que je sois l’homme du match. Elle m’a regardé à la télé. C’est à elle que je pense. » Une déclaration touchante, livrée sans artifice, à l’image du joueur.

Car derrière cette humilité assumée se cache un vrai leader. Discret mais influent, Ouattara incarne cette jeunesse burkinabè pleine de promesses, bien décidée à faire entendre sa voix dans cette édition du CHAN. Sa performance contre la Centrafrique n’est pas qu’un pic isolé, c’est un signal : les Étalons ont un métronome dans leur milieu, un joueur qui sait orienter, temporiser, accélérer — et faire gagner.

Et la suite ? Elle s’écrira au rythme de ses prises de balle, de son abattage et de cette rage tranquille qui le distingue. « Rien n’est fait. On prend les matches un par un. Mais on veut aller le plus loin possible », glisse-t-il, lucide.

Le Burkina peut y croire. Avec Ouattara pour guide, les chemins se dessinent plus clairs.