Siphiwe Tshabalala : « Il faut former avant de performer »
Figure emblématique du football sud-africain, Siphiwe Tshabalala n’a pas tari d’éloges à l’égard de l’approche novatrice de la Confédération Africaine de Football en matière de développement du football de base. Pour l’ancien international des Bafana Bafana, le Championnat Africain de Football Scolaire de la CAF constitue un socle essentiel pour l’avenir du jeu sur le continent.
Présent parmi les dix Légendes de la CAF lors des dernières finales continentales organisées au Zimbabwe, l’ancien meneur de jeu a notamment échangé avec les participants du programme des Jeunes Reporters de la CAF, l’une des pierres angulaires du dispositif de formation et de transmission mis en place autour de la compétition.
À l’heure de dresser le bilan de cette quatrième édition, Siphiwe Tshabalala insiste sur une évidence : l’avenir du football africain passe par un investissement durable à la base.

« C’est la phase la plus cruciale. Tous les joueurs professionnels sont passés par là. Il est essentiel d’encadrer correctement les jeunes talents, de leur offrir des moyens et de créer des opportunités pour leur transmettre l’amour du jeu, la passion et la culture de la gagne », confie-t-il.
Celui qui a gravi les échelons depuis les terrains modestes jusqu’à la reconnaissance mondiale n’a pas manqué de replonger dans ses souvenirs, évoquant les réalités d’une autre époque.
« À notre époque, c’était difficile. Nous n’avions même pas de terrains corrects, la pelouse relevait du luxe. Nous jouions sur des surfaces caillouteuses, dans la poussière », se remémore-t-il. « Mais tout reposait sur l’amour du jeu, la passion, le dévouement et la discipline. »
Convaincu que les structures actuelles, à l’image du Championnat Africain de Football Scolaire de la CAF, peuvent accélérer l’éclosion des talents, Tshabalala souligne également l’importance d’un accompagnement global, mêlant sport et éducation.

« Notre responsabilité aujourd’hui est de permettre à la nouvelle génération de prendre un chemin plus court, mais surtout le bon. »
Au-delà du rectangle vert, l’ancien milieu offensif insiste sur un point fondamental : l’éducation.
« L’éducation est primordiale. Le football doit aller de pair avec les études. C’est ainsi que l’on formera des joueurs complets, capables de faire les bons choix pour leur vie et leur carrière. »

Interrogé sur le message clé à transmettre aux jeunes, Tshabalala revient à l’essentiel : le plaisir.
« Ils doivent aimer ce qu’ils font. Sur le terrain, ils doivent se sentir heureux, en sécurité, et simplement profiter », explique-t-il. « À cet âge, gagner n’est pas le plus important. C’est ici que naît la passion, que l’on apprend à être un bon coéquipier et à développer des valeurs comme l’altruisme. »
Avant de conclure, Siphiwe Tshabalala a adressé un message d’encouragement aux futures étoiles du continent, se montrant confiant quant à l’impact durable de cette compétition dans la construction d’un avenir prometteur pour le football africain.