CAN Féminine 2026 : Priscille Kreto, la sérénité avant le grand rendez-vous face à l’Algérie
Avant de répondre, Priscille Kreto affiche un sourire tranquille, celui d'une joueuse qui sait que le plus dur reste à faire. On lui rappelle d'ailleurs la prudence de mise : pas de "félicitations" pour l'instant, seulement un "bravo" pour cette qualification en quarts de finale. Une nuance que la milieu ivoirienne semble avoir parfaitement intégrée : la Côte d'Ivoire n'est pas encore en finale, et c'est cette lucidité qui traverse tout son discours.

Une première CAN vécue comme une fierté
Pour Priscille Kreto, cette TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations Féminine organisée au Maroc a une saveur particulière : c'est sa première. "C'est une joie pour moi d’y participer", confie-t-elle, avant d'ajouter que l'émotion se mêle à la fierté d'en être arrivée là. Une sobriété dans le propos qui traduit la conscience du chemin parcouru par le groupe ivoirien.
Car l'enjeu du quart de finale face à l'Algérie dépasse le simple cadre continental. Une victoire enverrait la Côte d'Ivoire directement en Coupe du Monde. Interrogée sur ce que cette perspective lui inspire, la joueuse insiste sur le collectif : "C'est un sentiment de joie de savoir que si nous sommes qualifiées, nous allons être qualifiées à la fois pour la demi-finale de la CAN et pour la Coupe du Monde." Et de rappeler, à deux reprises, le travail accompli par le groupe pour en arriver là, comme un mantra plus que comme une formule.

Un collectif qui progresse "sur tous les plans"
Sur les raisons du parcours réussi des Éléphantes depuis le début de la compétition, Kreto refuse de pointer un secteur de jeu en particulier. Attaque, milieu, défense : selon elle, la progression s'est faite "sur tous les plans", portée par une efficacité offensive qui a permis à son équipe de concrétiser suffisamment d'occasions pour se hisser où elle se trouve aujourd'hui.
À titre personnel, la milieu de terrain évoque un travail sur elle-même mené en parallèle de la compétition : mieux cerner ses qualités, corriger ses défauts, et surtout s'appuyer sur la cohésion du groupe. "L'équipe m'a adoptée comme une famille", glisse-t-elle, une image qui revient plusieurs fois dans l'entretien et qui semble résumer l'état d'esprit du vestiaire ivoirien.

Une habituée du haut niveau
Car le palmarès de Priscille Kreto parle pour elle. Sacrée Meilleure Buteuse des FIFA Series Côte d'Ivoire 2026 avec 8 réalisations, elle a également soulevé la Ligue des Champions Féminine de la CAF 2024 avec le TP Mazembe. Un parcours qui fait d'elle une cadre légitime au sein du groupe ivoirien, et qui nourrit la comparaison qu'elle établit elle-même entre les compétitions : à ses yeux, le niveau de la CAN se situe au-dessus de tous. "Ce n'est pas les mêmes compétitions, ce n'est pas les mêmes émotions", résume-t-elle, avant de préciser que la CAN reste, pour elle, l'échelon le plus exigeant.

La voix d'une cadre auprès des plus jeunes
Ce statut de joueuse aguerrie, Kreto l'assume pleinement lorsqu'on l'interroge sur son rôle auprès des plus jeunes de la sélection. Son message tient en deux mots : discipline et écoute. "Il faut aimer apprendre", résume-t-elle, avant de saluer la réceptivité des jeunes joueuses du groupe, curieuses et appliquées.
Un message pour le pays
Avant de repartir vers la préparation du choc contre l'Algérie, Priscille Kreto n'oublie pas le public venu nombreux à Casablanca, ni celui resté en Côte d'Ivoire. Elle adresse ses remerciements aux supporters présents dans les tribunes marocaines, les invite à continuer de "booster" l'équipe, et envoie une pensée à ceux qui suivent la compétition depuis Abidjan et au-delà. "Par leur voix, ils portent le drapeau de la Côte d'Ivoire", lance-t-elle, avant de conclure sur une promesse de combativité pour le quart de finale à venir.