Égypte – Nigeria : les Super Falcons sous pression, les Cléopâtres veulent finir avec les honneurs
Le Groupe C de la TotalEnergies CAF Coupe d'Afrique des Nations Féminine Maroc 2026 livrera son verdict mercredi soir avec un duel aux enjeux bien différents entre le Nigeria et l'Égypte. Si les Super Falcons jouent leur qualification pour les quarts de finale, les Égyptiennes, déjà condamnées à l'exploit, veulent quitter la compétition sur une note positive et confirmer les progrès entrevus depuis leur retour sur la scène continentale.
Après leur défaite face au Malawi (3-2), les Nigérianes se sont relancées grâce à un succès maîtrisé contre la Zambie (1-0). Avec trois points, elles restent toutefois sous la menace d'une élimination prématurée. Une victoire face à l'Égypte apparaît indispensable pour éviter une immense désillusion.

Le Nigeria ne veut dépendre de personne
Habitué à dominer le football féminin africain, le Nigeria se retrouve dans une situation inhabituelle. Les dix fois championnes d'Afrique abordent cette dernière journée avec une marge d'erreur quasi inexistante.
Le sélectionneur Justine Madugu refuse pourtant de céder à la nervosité. « Nous avons étudié tous les scénarios possibles. Mais nous voulons que notre destin reste entre nos mains et ne dépendre de personne. Nous savons exactement ce que nous devons faire. »
L'entraîneur assure que son équipe a tiré les enseignements de son faux départ. « Après chaque rencontre, nous analysons notre performance. Beaucoup de choses ont été corrigées après le match contre le Malawi et cela s'est vu face à la Zambie. Mais nous savons aussi qu'il reste encore des détails à améliorer. C'est un travail permanent. »
Malgré les critiques qui ont suivi la défaite inaugurale, le technicien a défendu les choix de son groupe, notamment l'expérience apportée par certaines cadres. « Une équipe ne gagne pas uniquement grâce aux joueuses sur le terrain. Il y a aussi le leadership, l'expérience, la cohésion et l'équilibre du groupe. Tous ces éléments comptent énormément. »
La défenseure Osinachi Ohale a, de son côté, insisté sur la force mentale du groupe. « Nous sommes une famille. Nous nous soutenons constamment et nous ne laissons pas ce qui se dit à l'extérieur nous atteindre. Le plus important est d'obtenir un bon résultat. »

L'Égypte veut poursuivre sa progression
Battues par la Zambie (6-0) puis par le Malawi (3-1), les Cléopâtres ne nourrissent plus beaucoup d'espoirs de qualification. Mais leur sélectionneur Mohamed Kamal refuse de réduire ce tournoi aux seuls résultats.
Pour lui, cette CAN constitue une étape essentielle dans la reconstruction du football féminin égyptien. « Notre objectif est de montrer le vrai visage du football féminin égyptien. Nous voulons prouver que nous avons notre place parmi les grandes nations africaines. »
Le technicien rappelle également le contexte dans lequel évolue sa sélection. « Entre 2016 et 2021, le football féminin en Égypte est pratiquement resté à l'arrêt. Toute une génération a été perdue. Depuis 2021, nous reconstruisons progressivement et ce tournoi fait partie de ce processus. »
Mohamed Kamal reste convaincu que son équipe progresse. « Nous avons notre propre identité de jeu. Nous voulons construire depuis l'arrière, garder le ballon et continuer à jouer notre football. L'expérience viendra en affrontant les meilleures équipes africaines. »
Le sélectionneur égyptien n'a d'ailleurs pas tari d'éloges sur son adversaire. « Le Nigeria est une immense nation du football africain. La majorité de ses joueuses évoluent dans les meilleurs clubs du monde. Ce niveau d'expérience fait toute la différence. »

Une opposition entre expérience et ambition
Sur le papier, les Super Falcons partent largement favorites. Mais le scénario de cette phase de groupes a démontré que rien n'était acquis. Le Malawi a déjà fait tomber le géant nigérian et l'Égypte entend profiter de cette dynamique imprévisible pour offrir une prestation référence.
La capitaine égyptienne Mahira Ali résume l'état d'esprit des Cléopâtres. « Nous avons demandé aux joueuses de retrouver confiance et de jouer notre football. Nous voulons montrer que le football féminin égyptien continue de progresser. »
Face à elles, le Nigeria sait qu'un nouveau faux pas pourrait mettre un terme prématuré à ses ambitions continentales. Une perspective inimaginable pour la nation la plus titrée du football féminin africain.
Mercredi à Rabat, les Super Falcons joueront donc bien plus qu'un simple match de groupe : elles défendront leur statut, tandis que l'Égypte tentera de poser une nouvelle pierre à son ambitieux projet de reconstruction.

La stat
L'Égypte n'a jamais fait match nul dans l'histoire de la compétition.