Kim Björkegren (Ghana) : « Nous ne sommes pas favoris, mais nous pouvons surprendre tout le monde »

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  • Kim Björkegren, ancien coach en Suède, Chine et aux États-Unis, a pris les rênes du Ghana début 2025

  • Le Ghana n’a jamais remporté la CAN féminine malgré trois finales disputées (1998, 2002, 2006)

  • Le technicien suédois mise sur l’intelligence tactique et l’esprit collectif pour surprendre les favoris au Maroc

Alors que le Ghana se prépare pour la nouvelle édition de la Coupe d’Afrique des Nations Féminine CAF TotalEnergies au Maroc, tous les regards se tournent vers Kim Lars Björkegren — le technicien suédois appelé à guider les Black Queens vers un premier sacre continental.
Nommé au début de l’année 2025, l’ancien entraîneur passé par la Suède, la Chine et les États-Unis apporte avec lui près de vingt ans d’expérience.
Le Ghana, référence du football féminin africain, n’a pourtant jamais remporté le trophée, malgré trois finales disputées (1998, 2002, 2006).
Avec un groupe renouvelé et ambitieux, Kim Björkegren a accepté de répondre aux questions de CAFOnline.com.


CAFOnline.com : Vous avez entraîné en Suède, en Chine et aux États-Unis. Quelles leçons de ces championnats appliquez-vous aujourd’hui avec les Black Queens ?

Kim Björkegren : J’ai évolué dans différentes cultures du football, et j’essaie toujours d’en tirer le meilleur. Aux États-Unis, l’accent est mis sur l’athlétisme et les transitions. En Europe, on privilégie l’intelligence tactique et technique. Le Ghana a déjà une belle base technique. On travaille donc à renforcer la compréhension tactique et le physique pour rendre ce groupe plus complet.

Qu’est-ce qui vous a motivé à accepter ce poste de sélectionneur des Black Queens ?
 Le talent est immense au Ghana. Les jeunes joueuses sont vraiment impressionnantes. J’ai vu un projet à long terme, avec un vrai potentiel. Et découvrir une nouvelle culture footballistique, ça me parlait. Je prends beaucoup de plaisir ici.

Vous succédez à Nora Häuptle, qui a posé des bases solides. Comment poursuivez-vous son travail ?
Il reste du travail, sur et en dehors du terrain. Tactiquement, on doit encore s’organiser davantage. Le niveau physique aussi doit monter. L’un de nos objectifs, c’est que nos meilleures joueuses évoluent dans des championnats plus compétitifs. On a eu peu de stages pour l’instant, mais on progresse à chaque rassemblement.

Le Ghana a une belle histoire en CAN, mais sans jamais soulever le trophée. Ressentez-vous une pression particulière à l’approche du tournoi ?
Le Ghana n’a jamais gagné, et la dernière finale date de 2006. Donc, clairement, nous ne sommes pas favoris. Mais je pense qu’on peut incarner un outsider solide. Si on suit notre plan de jeu et qu’on est dans un bon jour, on peut battre n’importe qui.

Votre équipe a impressionné pendant les qualifications. Sur quoi portez-vous l’accent avant le tournoi au Maroc ?
La préparation est cruciale. On fait tourner l’effectif, on teste des systèmes, on évalue les joueuses locales et expatriées. L’idée, c’est de bâtir le meilleur groupe possible pour juillet.

Quelles sont, selon vous, les forces du Ghana à l’approche de cette CAN 2025 ?
Notre force, c’est la profondeur de l’effectif. On n’a peut-être pas de grandes stars connues mondialement, mais beaucoup de très bonnes joueuses. Regardez le PSG en Ligue des champions récemment : sans vedettes, ils ont brillé collectivement. On peut suivre cet exemple.

Comment décririez-vous l’état d’esprit du groupe depuis votre prise de fonction ?
Il y a une vraie cohésion en dehors du terrain, et ça se voit à l’entraînement. On peut encore progresser en intensité et sur le plan athlétique, mais l’esprit d’équipe est remarquable. Cet état d’esprit de combattantes nous portera loin.

Vous avez entraîné dans des contextes très différents. Comment le Ghana se positionne-t-il en matière de talent, de passion et d’exigence ?
La passion est incroyable ici. Les joueuses vivent pour ce sport. Il reste un travail d’éducation à faire sur ce qu’il faut pour atteindre le plus haut niveau. Mais avec de bons repères, plus de Ghanéennes intégreront les meilleurs championnats.

Le Ghana n’a plus disputé de finale depuis 2006. Que faudra-t-il pour aller au bout cette fois-ci ?
Il faudra de la foi, du travail, un peu de chance, et une vraie discipline tactique. Il faudra aborder chaque match comme une finale et rester concentrées mentalement.

Voyez-vous des jeunes joueuses capables de marquer cette édition de leur empreinte ?
Oui, sans aucun doute. Stella joue déjà en NWSL à 19 ans. Princess Marfo a 21 ans. Et Doris Boaduwaa, un peu plus âgée, peut finir meilleure buteuse du tournoi. Gardez un œil sur elles.

Vous avez eu peu de temps avec le groupe. Comment avez-vous adapté votre méthode pour en tirer le meilleur ?
C’est un vrai défi. On n’a eu que quelques séances complètes, donc j’ai mis l’accent sur la rotation et des essais de joueuses à différents postes. C’est un pari à court terme, mais nécessaire pour être prêtes à long terme.

Quel est votre message au peuple ghanéen à l’approche de cette CAN 2025 ?
C’est un honneur de diriger cette équipe. On travaille dur pour rendre le pays fier. Avec votre soutien et un brin de réussite, on peut vivre un bel été ensemble.