La Tanzanie dos au mur, l’Afrique du Sud en contrôle

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Comme un fleuve qui retrouve son lit après la saison sèche, la phase de groupes de la Coupe d’Afrique des Nations Féminine CAF TotalEnergies 2024 commence à livrer ses vérités. Le Nigeria, neuf fois champion, a déjà composté son billet pour les quarts de finale. À sa suite, l’Afrique du Sud entend bien contrôler son destin. Rien de surprenant jusque-là.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : lors des sept éditions où les Banyana Banyana ont débuté par une victoire, elles ont enchaîné un deuxième succès à cinq reprises (2000, 2006, 2008, 2018, 2022). Pour Desiree Ellis, sélectionneuse des Banyana Banyana, l’objectif est clair : sécuriser la qualification dès ce vendredi.

Une histoire qui parle pour elles

La dernière défaite sud-africaine en phase de groupes remonte à 2016 (0-1 contre le Cameroun). Depuis, Ellis affiche un bilan remarquable : 10 victoires et 2 nuls en 12 matches de Coupe d'Afrique des Nations Féminine CAF TotalEnergies. Une spécialiste des matchs à enjeu.

« Il faut rester fidèles à ce qui fait notre force. Physiquement, beaucoup d’équipes sont plus grandes que nous. On doit exploiter notre vitesse, notre mobilité, et multiplier les occasions dans le dernier tiers. On l’a fait contre le Ghana. Maintenant, il faut continuer », a expliqué Ellis.

Contre la Tanzanie, match miroir

Face à une équipe tanzanienne qu’elles peuvent égaler physiquement, les Sud-Africaines veulent s’appuyer sur leurs automatismes. « La Tanzanie a quelques joueuses puissantes, notamment Clara [Luvanga]. Il faudra rester compactes. Ce genre d’adversaire, on connaît. C’est notre quotidien », souligne Ellis.

Luvanga, attaquante de Al Nassr, est l’une des forces offensives majeures des Twiga Stars, mais son état physique est préoccupant. Touchée cette semaine à l’entraînement à Saïdia, elle a été vue en boitant à chaque session. Un test de dernière minute déterminera sa disponibilité. Une frustration visible pour la joueuse, qui espérait vivre pleinement sa première CAN.

Côté Banyana Banyana : la confiance règne

L’Afrique du Sud aborde ce deuxième match avec sérénité. Le groupe est au complet, l’ambiance est sereine. Un succès garantirait une qualification pour les quarts et permettrait d’envisager la première place du groupe.

Dans les cages, Andile Dlamini, alias « Sticks », entend poursuivre sur sa lancée. Déjà auteure de cinq arrêts contre le Ghana – un record personnel sur un match de CAN Féminine – elle vise un cinquième clean sheet en phase finale.

La Tanzanie sous pression, mais déterminée

Du côté des Twiga Stars, la défaite inaugurale contre le Mali (0-1) a laissé des traces. L’absence d’Opa Clement, suspendue pour ce match, s’est cruellement fait sentir. Talent rare, milieu offensif de Juarez au Mexique, Clement revient ce vendredi avec l’envie de marquer les esprits.

« Opa change tout. Elle aurait pu concrétiser certaines occasions contre le Mali. Son retour va modifier leur jeu », a averti Ellis.

Pour la joueuse, cette première en phase finale continentale est une étape attendue : « Pour moi, ce match compte énormément. On est prêtes, ensemble. Il est temps de montrer ce dont nous sommes capables », a-t-elle lancé.

Shime : "Nous n’avons plus le droit à l’erreur"

Le sélectionneur tanzanien Bakari Shime sait que son équipe n’a plus le droit à l’erreur : « Ce sont les championnes d’Afrique. Elles sont mieux organisées que nous. Il faudra être solides au milieu et les surprendre. C’est une chance unique. »

Deux joueuses clés ont manqué l’entraînement jeudi : Anastazia Katunzi (douleur aux ischios) et Stumai Abdallah(troubles digestifs). Leur présence contre l’Afrique du Sud reste incertaine.

Ce sera une première pour la Tanzanie face à un tenant du titre. L’enjeu est immense : inscrire enfin un but en phase finale. Lors de leur seule précédente participation, en 2010, les Tanzaniennes étaient restées muettes. Sur leurs neuf buts encaissés en phase finale, six l’ont été en première période. Un point noir que Shime entend corriger.

Ce vendredi, les Banyana Banyana veulent confirmer. Les Twiga Stars, elles, jouent leur avenir. Deux trajectoires, un même objectif : rester en vie dans une CAN 2024 qui n’épargne personne.