Le Ghana joue gros, le Mali vise haut
C’est une affiche aux allures de tournant. Ce vendredi 11 juillet à 17h (heure locale), le Stade de Berkane sera le théâtre d’un derby d’Afrique de l’ouest à haute intensité entre le Ghana et le Mali, pour le compte de la 2e journée du Groupe C de la CAN Féminine CAF TotalEnergies, Maroc 2024. Si les Maliennes peuvent déjà entrevoir les quarts de finale, les Ghanéennes, elles, jouent leur survie dans la compétition.
Le Ghana est déjà au pied du mur
Battu d’entrée (0-2) par l’Afrique du Sud, championne en titre, le Ghana n’a plus droit à l’erreur. À la veille du choc contre le Mali, le tacticien suédois Kim Björkegren se montre lucide mais confiant :
« Nous avons été meilleures sur de longues séquences contre l’Afrique du Sud, mais sans concrétiser. Nous avons tiré 13 fois au but, obtenu quatre corners, plus qu’elles… Mais ce qui compte, ce sont les buts. »
« Contre le Mali, notre objectif reste inchangé : gagner. »

Le message est clair. Malgré une entame frustrante — avec notamment deux tentatives sur la barre signées Alice Kusi et Evelyn Badu — les Black Queens s’accrochent à leurs certitudes : volume de jeu, pressing haut, et intensité dans les transitions. Le retour de Jennifer Cudjoe, suspendue au premier match, offrira un supplément d’expérience et d’impact au milieu.
« Regarder le match depuis les tribunes a été difficile. Maintenant, il faut répondre présentes. Ce match, on doit le gagner pour nos supporters au Ghana et partout dans le monde », a confié calmement l’adjointe capitaine. Mais en face, c’est un adversaire méthodique et opportuniste qui attend les Ghanéennes.
Le Mali, le coup parfait en ligne de mire
Discret mais diablement efficace, le Mali avance sans faire de bruit à Berkane. Vainqueur 1-0 de la Tanzanie lors de la première journée, grâce à un but signé Saratou Traoré, la sélection d’Houssein Salloum Mohamed ne s’emballe pas. Mais elle sait ce qu’elle veut.
« Nous avons gagné notre premier match, c’est un avantage psychologique. Ce sera physique, c’est un derby de l’Afrique de l’ouest, mais nous sommes prêtes », explique le sélectionneur.

Si les Aigles Dames n’illuminent pas toujours par un jeu de possession, elles brillent par leur efficacité et leur maîtrise des temps faibles. Leur transition offensive, rapide et tranchante, est l’une des plus redoutées du tournoi. Devant, le quatuor Saratou Traoré, Kadidiatou Diabaté, Aïssata Traoré et Aguiessa Diarra incarne une attaque mobile, complémentaire et capable de faire la différence à tout moment. Face à une telle qualité de mouvement et de lecture, la défense ghanéenne, déjà secouée par les accélérations sud-africaines, devra faire preuve d’une rigueur de tous les instants.
Le poids de l’enjeu
L’histoire entre les deux nations est équilibrée, mais légèrement à l’avantage du Ghana, qui mène trois victoires à une dans leurs confrontations directes en phase finale de la CAN Féminine. Sauf que la seule victoire malienne est aussi la plus marquante : c’était en 2018, sur les terres ghanéennes, lors d’un succès fondateur (1-0).

Le contexte donne à ce match une dimension quasi-éliminatoire pour le Ghana. En cas de défaite, les Black Queens verraient leurs espoirs s’évaporer prématurément. À l’inverse, une victoire malienne ouvrirait les portes des quarts avant même la troisième journée — une première pour cette équipe.
Pour les deux sélections, le rendez-vous de vendredi est donc plus qu’un derby régional. C’est une déclaration d’intention. Soit celle de la rédemption ghanéenne, soit celle de la confirmation malienne.