Naomi Eto (Cameroun) : « Face au Nigeria, nous donnerons tout sur le terrain. »
Révélée lors de la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA en Colombie en 2024, Naomi Eto dispute cette année sa première Coupe d'Afrique des Nations Féminine. Et la voilà déjà aux portes du dernier carré. Invaincues depuis le début du tournoi, les Lionnes Indomptables défient ce dimanche, à Casablanca, le Nigeria, nation la plus titrée de l'histoire de la compétition, avec une place en demi-finales en ligne de mire.
Les deux sélections se connaissent parfaitement. Depuis 1998, le Cameroun et le Nigeria se sont affrontés à 13 reprises en CAN Féminine, pour un bilan largement favorable aux Super Falcons : neuf victoires, trois matches nuls et un seul succès camerounais.
Qualifié grâce à l'élargissement du tournoi, passé de 12 à 16 équipes, le Cameroun avance toutefois sans complexe. Portées par une solide force collective, les Lionnes Indomptables comptent bien poursuivre leur parcours face à leur prestigieux voisin.
Rencontre avec Naomi Eto, une jeune internationale de 21 ans qui découvre le plus grand rendez-vous du football féminin africain avec l'insouciance de celles qui n'ont rien à perdre et l'ambition de bousculer la hiérarchie.

CAFOnline.com : Quel regard portez-vous sur votre parcours depuis le début du tournoi ?
Naomi Eto : C'est ma première Coupe d'Afrique des Nations, donc je découvre encore cette compétition. Je prends progressivement mes repères, même si le temps manque dans un tournoi comme celui-ci. J'essaie simplement de m'adapter, de continuer à travailler et à apprendre. Pour l'instant, je découvre encore cet environnement, mais l'essentiel reste de jouer et de donner le meilleur de moi-même.
Qu'est-ce qui vous a le plus marquée depuis le début de cette compétition ?
Notre qualification pour les quarts de finale est sans doute ce qui m'a le plus marquée. Nous avions besoin de franchir cette première étape, d'autant plus que peu de personnes nous attendaient à ce niveau. Nous n'avons pas bénéficié d'une préparation idéale, mais nous avons réussi à sortir de la phase de groupes. Ce qui me marque également, c'est l'état d'esprit du groupe. Que l'on soit titulaire ou remplaçante, tout le monde vit cette aventure ensemble. Nous partageons de bons moments, nous travaillons dur et nous avançons comme une seule équipe.

Que représente pour vous cette affiche Cameroun-Nigeria ?
Le Nigeria est une très grande nation du football africain féminin et mérite tout notre respect. Nous savons que nous ne sommes pas les favorites et, d'ailleurs, nous ne l'avons jamais vraiment été dans cette compétition. Mais nous savons aussi ce que nous voulons accomplir. Nous avons un plan de jeu préparé par le staff et nous travaillons chaque jour pour progresser, aussi bien à l'entraînement que lors des réunions vidéo ou même dans nos échanges entre joueuses.
Nous savons que chaque match est différent. Le football réserve toujours des surprises. À ce stade de la compétition, il faudra forcément un vainqueur. Le Nigeria possède de grandes qualités, mais une rencontre se joue sur le terrain. Une chose est sûre c’est que nous donnerons tout sur le terrain.
Affronter le Nigeria dans un quart de finale de CAN est-il le type de match dont vous rêviez lorsque vous avez commencé le football ?
Jouer contre une équipe de ce niveau est forcément quelque chose de particulier. Beaucoup de joueuses camerounaises rêveraient d'être à cette place. Si je fais aujourd'hui partie de cette sélection, c'est que le staff a vu un potentiel en moi.

Pensez-vous que le Cameroun peut surprendre le Nigeria cette fois-ci ?
Je ne parlerais pas de surprise. Nous allons aborder ce match comme nous avons abordé tous les autres depuis le début du tournoi. Notre objectif est de continuer à prendre du plaisir ensemble, car c'est cet état d'esprit qui nous a permis d'aller jusque-là.
Nous ne changerons pas notre manière de jouer. Nous allons poursuivre notre travail, appliquer le plan du staff et chercher à corriger les quelques lacunes que nous avons identifiées. Nous disposons de peu de temps, mais nous allons l'utiliser au mieux pour être plus efficaces. Nous savons qu'il y a un favori, et ce n'est pas nous, mais dans le football, rien n'est joué d'avance.
Le Cameroun a terminé la phase de groupes sans la moindre défaite. Quelle est aujourd'hui la principale force de cette équipe ?
Notre plus grande force, c'est le collectif. Il règne une excellente ambiance au sein du groupe, ce qui nous permet d'aborder chaque match avec beaucoup de confiance et de positivité.
Nous avons surtout un véritable esprit de combativité. Nous nous soutenons en permanence, nous nous encourageons et, sur le terrain, nous formons une véritable famille. Bien sûr, nous avons des joueuses talentueuses individuellement, mais c'est avant tout le groupe qui fait notre force. Notre objectif commun reste toujours le même : obtenir le meilleur résultat possible.
Quel est l'état d'esprit du groupe avant ce rendez-vous décisif ?
L'état d'esprit est très serein. Nous ne sommes pas stressées. Depuis le début du tournoi, nous avons montré que nous pouvions répondre présentes malgré les doutes qui entouraient notre équipe. Aujourd'hui, nous suivons le programme établi par le staff.