CAN U-17 : Assane Sarr, le mur de la Teranga
Déjà vainqueur du Mali lors de la finale de la zone UFOA A en 2025 (2-0), le capitaine et gardien de but des Lionceaux aborde le choc des quarts de finale avec une solidité mentale à toute épreuve et des ambitions d'étoiles. Portrait d’un leader précoce.
Le brassard ne fait pas le joueur, mais il révèle l’homme. À seulement 16 ans, Assane Sarr dégage déjà la sérénité des vieux briscards qui arpentent les pelouses continentales depuis une décennie. Dernier rempart et capitaine de la sélection U-17 du Sénégal, il s'apprête à croiser de nouveau le fer avec le Mali pour un quart de finale de Coupe d’Afrique des Nations qui s'annonce électrique. Un classique ouest-africain aux airs de revanche, un an après le sacre des Lionceaux face à ces mêmes Maliens lors du tournoi de la zone UFOA A.
Pour le jeune portier, ce passé récent est un socle, pas un oreiller. « Nous avons déjà démontré devant le Ghana et l'Algérie que le Sénégal est solide mentalement pour ce match de quart de finale qui sera très disputé », prévient-il avec une maturité saisissante. « Le Sénégal est toujours très motivé dans les compétitions internationales. Nous ne sommes pas des Lions pour rien. »

Le traumatisme de 2025 comme moteur
Derrière le calme olympien d'Assane Sarr couve une cicatrice mal refermée. L'édition 2025 reste gravée dans les mémoires sénégalaises comme une anomalie statistique cruellement douloureuse. Sortis du tournoi en quart de finale par la Côte d’Ivoire (0-0 5 tab 3) sans concéder la moindre défaite ni le moindre but dans le jeu, les Lionceaux avaient pris la porte de manière précoce. « C’est toujours écœurant de perdre de la sorte », confie le capitaine.
Mais de ce traumatisme est né un collectif de revanchards. Sarr n'est pas seul dans sa mission : ils sont huit rescapés de la campagne de 2025 à guider la cuvée 2026. « Il est vrai que je suis jeune, mais mon parcours depuis les sélections de jeunes justifie cette responsabilité et cette expérience. Mes coéquipiers me font confiance », glisse-t-il humblement.
Cette complicité est l'arme absolue du système défensif sénégalais. Avec une charnière centrale qui le connaît par cœur, les automatismes sont quasi-mécaniques. « Nous avons joué beaucoup de matchs ensemble. La communication est essentielle entre la défense et le dernier rempart que je suis. Ce vécu et cette envie de gagner fondent notre solidarité pour continuer de faire briller le football sénégalais. »

Gérer la pression pas à pas
Face à l'enjeu immense d'un quart de finale de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations, le staff technique s'évertue à désamorcer la pression. Le mot d'ordre ? La répétition et la discipline. « On essaie de respecter les consignes du coach et du staff. On répète les séances d'entraînement pour gérer cette pression », explique le portier.
Pourtant, le capitaine l'avoue volontiers, la marge de progression de son équipe reste immense : « Mes coéquipiers n'ont pas encore donné le meilleur de leur potentiel. » Un constat terrifiant pour leurs adversaires, alors que le Sénégal a géré sa phase de poules avec maîtrise. Pour la suite, la méthode est pragmatique : « Nous allons prendre les matchs étape par étape. » Le choc face au Mali s'annonce équilibré, deux géants de la zone UFOA A face à face. « Le début est toujours difficile pour les deux équipes, mais le Sénégal regorge de talents. Nous partons à chances égales. »