Dismas Athanasi, 14 ans et phénomène de la CAN U-17 : le garçon qui veut faire régner la Tanzanie
À seulement 14 ans, Dismas Shida Athanasi est la sensation absolue de cette TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations U-17, Maroc 2026.
Le milieu offensif de la Tanzanie, plus jeune joueur du tournoi, s'est également invité tout en haut du classement des buteurs. Avec trois réalisations au compteur, il a porté les Serengeti Boys vers la toute première finale de leur histoire dans une TotalEnergies CAF Coupe d'Afrique des Nations U-17.
Mardi, la Tanzanie défiera le Sénégal au Stade Moulay El Hassan de Rabat avec un objectif fou : décrocher un premier titre continental historique à ce niveau.
Pour Athanasi, ce conte de fées ne doit rien au hasard. C’est le fruit du talent, d'une confiance mutuelle, d'un collectif soudé et d'un travail de l'ombre entamé bien avant ce tournoi marocain. À l’aube de cette finale historique, la jeune pépite s’est confiée en exclusivité à CAFOnline.com.
Gestion de la pression, admiration pour Eden Hazard, épopée tanzanienne : entretien avec un phénomène qui fait passer le collectif avant tout.

CAFOnline.com : Dismas, vous n’avez que 14 ans et vous vous apprêtez à disputer la finale de la CAN U-17. Qu'est-ce que cela fait ?Dismas Shida Athanasi : Je suis tellement heureux. C’est ma toute première CAN U-17. Pour un jeune joueur comme moi, disputer une finale continentale, c'est déjà un moment d'histoire gravé à vie.
Vous êtes le plus jeune joueur du tournoi, mais aussi l'une de ses plus grandes stars. Est-ce que vous ressentez une pression particulière, ou parvenez-vous simplement à prendre du plaisir ? La pression ? Je ne la ressens pas, tout simplement parce que j'aime profondément le football. Et puis, je ne joue pas pour ma pomme. Je joue pour faire gagner l'équipe. C’est ce collectif qui me permet de prendre encore plus de plaisir sur le terrain.

La Tanzanie se hisse en finale de la CAN U-17 pour la première fois. Qu'est-ce que cet exploit représente pour vous, vos coéquipiers et tout un peuple ? C'est un bonheur immense. Cet exploit dépasse le cadre des joueurs, c’est une fierté pour la nation entière. Je tiens à remercier la Fédération tanzanienne (TFF) car elle nous a préparés de manière optimale. Merci aussi à tous les Tanzaniens qui prient pour nous au pays. Le staff et les joueurs ont lutté ensemble pour chasser ce rêve. Aujourd'hui, ce rêve devient réalité pour nous et pour tout le pays.
Au coup d'envoi du tournoi, croyiez-vous sincèrement que la Tanzanie pouvait aller jusqu’au bout ?
Oui, j'y croyais fermement. Nous avons bossé dur, nous avions confiance en notre projet de jeu. Je savais qu'on avait les armes pour aller en finale.
Vous avez inscrit trois buts cruciaux dans cette CAN, un contre le Mozambique et un doublé face à l’Algérie. Lequel a le plus de valeur à vos yeux ?
Je veux d'abord associer mes coéquipiers et le staff à cette réussite, car notre force, c'est l'unité. Quand je marque, ce n'est pas ma victoire, c'est celle de l'équipe et du pays. En tant que milieu offensif, mon rôle est d'être décisif pour aider le groupe. C’est en gagnant ces matchs qu'on pourra devenir champions.
Qu’avez-vous ressenti pendant ce quart de finale d'anthologie face à l’Algérie, après avoir signé ce doublé ?
Une joie immense. J'ai pu aider mon équipe et mon pays à atteindre les demi-finales. C’était notre objectif prioritaire.
La Tanzanie a franchi deux tours aux tirs au but, contre l’Algérie et l’Égypte. Qu'est-ce que cela dit de la force mentale de votre groupe ? Là encore, coup de chapeau au staff. Ils nous préparent à tous les scénarios possibles, y compris les penalties. Cela prouve que notre mental est d'acier et que nous sommes prêts à aller chercher notre rêve, peu importe les circonstances du match.
Votre sélectionneur et vos coéquipiers vous accordent une confiance aveugle malgré votre jeune âge. Quels messages vous passent-ils pour vous booster ? C’est vrai, je sens leur confiance. Le staff me répète toujours de jouer libéré, tout en respectant les consignes tactiques et en m'amusant sur le terrain. Ils me disent de ne pas surjouer, de faire ce que je sais faire, car j'ai le potentiel pour devenir le meilleur. Mes partenaires m'aident énormément aussi. Quand j'ai un coup de mou, ils me relèvent et me mettent à l'aise. Je pense que je leur rends bien pour l'instant.

Les observateurs soulignent votre polyvalence : vous pouvez jouer en pointe ou sur les côtés. Quel est votre poste de prédilection et quel type de joueur voulez-vous devenir ?
Je suis prêt à dépanner n’importe où pour le collectif. Je préfère évoluer comme milieu offensif axial, mais à mon âge, je peux occuper tous les postes de l'attaque. C’est pour cela qu'on me dit polyvalent.
À 14 ans, beaucoup de jeunes de votre âge rêvent encore devant leur télé. Qui vous a le plus aidé à passer du football de rue à cette scène continentale ?
Je dois énormément à la Fédération tanzanienne. Ils sont venus me chercher à la Francis Foundation Academy et m’accompagnent depuis quatre ans maintenant. La TFF m’a tout appris durant cette période. C’est un long processus. J’ai pu disputer de nombreux tournois, comme le Championnat d’Afrique de football scolaire que nous avons remporté au Ghana. La Fédération a été un vrai accélérateur pour moi.
Qui était votre modèle absolu en grandissant, et de quel joueur vous inspirez-vous aujourd'hui ?
Mon idole, c'était Eden Hazard. J'ai énormément appris en le regardant jouer. Mais je suis encore jeune, et je suis convaincu que je peux devenir encore plus fort en continuant d'apprendre chaque jour.
On commence déjà à s'enflammer autour de votre avenir et l’intérêt de grands clubs européens est évoqué. Comment fait-on pour garder les pieds sur terre à votre âge ?
Je coupe les ponts avec les bruits extérieurs. L'équipe et moi avons un objectif bien précis en tête. Nous ferons les bilans après le tournoi. C’est un rêve de jouer un jour dans un grand club européen, c'est sûr, mais pour l'instant, seule la finale compte.

En finale, vous retrouvez le Sénégal, une référence absolue en matière de rigueur, d'impact physique et de formation de talents. À quel genre de match vous attendez-vous ?
C’est une finale de CAN, donc ce sera un combat acharné. Mais nous aussi, nous avons une sacrée équipe. On va appliquer le plan du coach à la lettre et tout donner pour soulever la coupe.
Sur un plan personnel, que représenterait un premier sacre historique pour la Tanzanie dans cette CAN U-17 ?
Ce serait un moment d'histoire monumental pour la nation et pour moi. C'est ma première grande compétition africaine, alors imaginez un peu ce que signifierait une victoire...
Quel message espérez-vous transmettre à travers votre trajectoire aux jeunes enfants qui vous regarderont en Tanzanie et partout en Afrique ?
Je veux leur dire de croire en leur travail et de s’accrocher à leurs rêves. Il faut avoir confiance en soi, se dire que tout est possible. Et ne pas oublier de prier, car Dieu est au-dessus de tout.