Maamma, l’éclair marocain qui illumine le Mondial U20
Chili, vingt ans après : le Maroc tient son homme. Othmane Maamma, 19 ans, a mis son empreinte sur le retour des Lionceaux de l’Atlas en Coupe du monde U20. Deux matchs, deux coups d’éclat. Et soudain, une équipe annoncée outsider se retrouve première de son groupe.
Face à l’Espagne, il a dynamité son couloir droit, débordé son vis-à-vis et offert le but du break à Gessime Yassine (2-0). Quatre jours plus tard, contre le Brésil, il a sorti de son répertoire un geste pour marquer les esprits : une reprise acrobatique, corps ouvert, sur un centre de Gessime. Un bijou. Et une victoire majuscule (2-1) qui a envoyé le Maroc en huitièmes.
Maamma est plus qu’un buteur. Il donne un ton. Dans une équipe compacte, réaliste sans ballon, mais verticale dès qu’elle le récupère, il incarne l’arme fatale : courir dans la profondeur, gratter trente mètres en transition, et punir à la première ouverture.
« J’aime me placer dans le dos des défenseurs, profiter de l’espace, jouer les un-contre-un », confiait-il à FIFA.com cette semaine.

Le sélectionneur Mohamed Ouahbi en a fait son plan : bloc serré pour fermer les lignes, puis libérer les ailes. Simple, mais efficace. « Nous sommes contents, mais ce n’est que trois points. Il faut rester humbles », tempérait-il après l’Espagne.
Ce qui frappe aussi, c’est la sérénité du gamin. « Le football reste du football, peu importe l’adversaire. Il faut garder la tête froide », répétait Maamma. Même ton avant le Brésil. Même résultat.
Techniquement, le joueur formé à Montpellier (14 matchs de Ligue 1 avant de signer à Watford cet été) a la panoplie moderne : débordement extérieur, replis intérieurs, appels au second poteau. Avec son 1,82 m, il pèse aussi dans les airs et protège bien son ballon.
Le Maroc, derrière lui, se structure. Yassir Zabiri dans le demi-espace gauche, Yassine infatigable dans l’axe, une défense solide. Le collectif existe, mais la lumière vient d’un ailier qui sait décider.

Prochaine étape : un huitième où l’enjeu sera tout autre. Moins d’espaces, plus de densité. À lui de varier : jouer plus souvent dos au but, combiner, provoquer des fautes. Les signaux envoyés jusqu’ici laissent penser qu’il en a les moyens.
Et après ? L’avenir dira s’il s’installe vite chez les A, où le Maroc, fort de sa demi-finale au Mondial 2022, cherche déjà la relève. Un profil capable de percer en transition comme d’apporter en attaque placée, ça ne court pas les rues.
En attendant, le message est clair : battre son homme, choisir son moment, et continuer à faire basculer les matchs. Au Chili, Othmane Maamma s’impose déjà comme l’un des visages de ce Mondial. Et peut-être comme l’un des piliers de la prochaine décennie marocaine.
