Coupe du Monde : Des Éléphants si près de l'exploit

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Héroïque et transfigurée, la Côte d'Ivoire a bousculé l'Allemagne avant de s'écrouler cruellement dans le temps additionnel (1-2) sur un doublé de Deniz Undav. Les Éléphants ont manqué la balle de break ; la Nationalelf, elle, file en huitièmes.

Le coup de force de Kessié

Samedi soir, au Toronto Stadium, le plan de la Côte d'Ivoire a frôlé la perfection. Face à un cador mondial venu chasser les fantômes de ses derniers fiascos, les Éléphants ont d'abord fait le dos rond. Solide sur sa ligne, Yahia Fofana a écoeuré d'entrée Kai Havertz, avant que la réussite et une décision arbitrale bienvenue – un but refusé à Pavlovic pour une charge sur le portier ivoirien – ne maintiennent le bloc en place.

Passé ce premier quart d'heure de tempête, les hommes d'Emerse Faé ont piqué là où ça fait mal. Sur un rush tranchant côté gauche, Yan Diomandé a délivré un centre à terre. Si Amad Diallo a manqué sa reprise, Franck Kessié, en patron, a suivi pour catapulter le ballon au fond des filets (1-0, 30e). Libérés, les Éléphants ont alors frôlé le break huit minutes plus tard : sur un contre éclair, la frappe enroulée d'Ange Yoan Bonny a obligé Manuel Neuer à s'employer (38e). Dans la foulée, la VAR est venue soulager une arrière-garde ivoirienne prise à revers par Havertz, annulant le but allemand pour une faute préalable de Musiala sur Kossounou (39e).

Le tournant du break manqué

Au retour des vestiaires, forts de cet avantage d'un but, les Éléphants ont affiché une confiance éclatante. À la 51e minute, le KO était au bout des crampons de Christ Inao Oulai, idéalement servi par Diallo, mais sa tentative s'est envolée dans le ciel canadien. Le grand regret du match.

Sonnée, l'Allemagne a alors tout changé à l'heure de jeu avec un triple changement offensif. Un coaching payant qui a privé la Côte d'Ivoire de sa maîtrise. Si Fofana s'est d'abord troué sur un corner sans conséquence (64e), il n'a rien pu faire quatre minutes plus tard : sur un centre d'Amiri, Deniz Undav a surgi pour égaliser d'une volée imparable (1-1, 68e).

Le cruel money-time

Pas abattus, les Éléphants ont répliqué par un triple changement (Guessand, Fofana, Adingra) pour reprendre le contrôle du milieu. Le coup parfait a bien failli se matérialiser à la 88e minute : Nicolas Pépé, tout juste entré, a déposé un caviar pour Simon Adingra au second poteau. Mais l'ailier de l'AS Monaco a péché par excès de timidité, préférant un contrôle à une frappe instantanée. Une occasion en or massif envolée.

Derrière, Yahia Fofana a retardé l'échéance par deux parades miracles face à Brown puis Amiri. Mais le cœur ivoirien a fini par lâcher à la 94e minute. Sur une dernière accélération de Nmecha, Undav a réalisé l'enchaînement parfait pour crucifier le portier des Éléphants (1-2, 90e+4). Un dénouement d'une immense cruauté au vu du visage affiché par la sélection ivoirienne.

Une finale face à Curaçao

Malgré la frustration légitime d'avoir regardé les quadruples champions du monde les yeux dans les yeux, rien n'est perdu pour la Côte d'Ivoire. Jeudi prochain (22h00 CAT), les Éléphants joueront leur qualification pour les huitièmes de finale lors d'une véritable « finale » face à Curaçao, du côté de Philadelphie. Pendant ce temps, l'Allemagne défiera l'Équateur à New Jersey avec l'esprit léger.