Coupe du Monde : Le Ghana bute sur la Colombie 

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C'est la fin du voyage pour le Ghana. Les Black Stars ont vu leur épopée au Mondial 2026 s'arrêter net en seizièmes de finale, terrassés par la Colombie (1-0) à Kansas City.

L'unique éclair de la rencontre est venu dès la 14e minute des pieds de Jhon Arias. À la conclusion d’un missile consécutif à un centre de Luis Suárez venu de la droite, le Colombien a propulsé les siens dans le dernier carré du top 16 mondial. Maîtres du tempo durant une grande partie du match, les Sud-Américains s’offrent un huitième de finale face à la Suisse. Pour le Ghana, le réveil est brutal. Sortis pleins de promesses du groupe L, les hommes de Carlos Queiroz quittent le tournoi avec d’immenses regrets. Si les Black Stars ont répondu présent dans le défi physique, ils ont cruellement manqué d'idées et de tranchant pour fissurer le bloc ultra-discipliné des Cafeteros.

Le coup de poignard d'Arias

Pourtant, le Ghana avait entamé la partie pied au plancher. Dès la première minute, Thomas Partey allumait la première mèche d'une frappe fuyante qui léchait le montant. Le ton était donné : un combat de chiffonniers, intense, âpre, qui laissait rapidement des traces. Côté colombien, Jhon Córdoba devait jeter l'éponge sur blessure dès la 8e minute, imité cinq minutes plus tard par le Ghanéen Marvin Senaya (13e).

C’est précisément dans ce moment de flottement que la Colombie a piqué. Idéalement décalé sur l'aile droite, Suárez ajustait un centre au cordeau pour Arias, dont la reprise clinique trompait Lawrence Ati-Zigi (1-0, 14e). Menés si tôt dans un match à élimination directe, les Ghanéens accusaient le coup. Confortablement installés dans un fauteuil, les Colombiens confisquaient alors le cuir, condamnant le Ghana à une longue séquence de raboutage défensif.

Des Black Stars sans solutions

Incapables de poser leur jeu, les partenaires de Partey bafouillaient leur football avant la pause. Seul Antoine Semenyo parvenait à secouer le cocotier, mais sa tentative (37e) était contrée in extremis au-dessus de la barre. La réplique colombienne ne se faisait pas attendre. Lancé sur orbite par Gustavo Puerta, Luis Díaz croisait trop sa frappe, avant que Suárez ne manque le cadre de la tête.

Dans le temps additionnel de la première période, la Colombie frôlait le break : sur un centre de Daniel Muñoz, la tête rageuse de Johan Mojica obligeait Ati-Zigi à un sauvetage miraculeux sur sa ligne. Un arrêt XXL qui laissait le Ghana en vie à la pause, mais le constat était sans appel : il fallait un tout autre visage offensif au retour des vestiaires.

Le show Ati-Zigi

Au retour des vestiaires, le scénario restait inchangé : la Colombie dictait sa loi. Ati-Zigi devait s'employer sur une frappe enveloppée de Puerta (55e), avant de voir un but de la tête de Díaz logiquement refusé pour un hors-jeu un souffle plus tard. Le virevoltant ailier du Bayern Munich se présentait à nouveau seul face au portier ghanéen (58e), mais le dernier rempart des Black Stars signait une nouvelle parade monumentale.

Infranchissable, Ati-Zigi écœurait tour à tour Davinson Sánchez et Juan Fernando Quintero pour maintenir le suspense. Une prestation héroïque qui offrait une balle de match à ses attaquants, mais le secteur offensif ghanéen est resté désespérément muet.

Le coup de poker stérile de Queiroz

Sentant le vent du boulet, Carlos Queiroz tentait le tout pour le tout en lançant ses forces vives : Abdul Fatawu Issahaku, Elisha Owusu et Ernest Nuamah. Des choix offensifs qui ne changeaient rien à l'affaire. Trop stéréotypé, trop lent, le jeu ghanéen butait inlassablement sur la muraille jaune.

À la 69e, Partey faisait passer un frisson dans les travées sur un tir ras de terre qui frôlait le poteau de Camilo Vargas, le gardien colombien, globalement passé une soirée bien tranquille. À l'expérience, la Colombie gérait sa fin de match et passait même tout près d'alourdir le score par Sánchez (81e), Quintero (84e) ou Richard Ríos dans les arrêts de jeu.

Sortie de piste mais promesses d'avenir

Si l'élimination est douloureuse, le Ghana ne repart pas les mains vides de ce Mondial. En ralliant les seizièmes de finale et en affichant une solidité défensive remarquable — à l'image de leur clean sheet de prestige face à l'Angleterre en phase de poules —, les Black Stars ont posé les fondations de l'ère Queiroz. Une sortie de route précoce, certes, mais pleine d'enseignements pour une jeune génération qui a prouvé qu'elle pouvait regarder les cadors mondiaux les yeux dans les yeux.