Vladimir Petković : « Face à l’Argentine, il faudra créer la surprise »

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À peine le tirage au sort du Mondial 2026 dévoilé, Vladimir Petković s’est présenté avec un calme studieux devant les micros. L’Algérie, placée dans un Groupe J dominé par l’Argentine championne du monde, partagera l’affiche avec l’Autriche et la Jordanie. Un tableau dense, chargé d’histoire — notamment pour les Fennecs, éliminés en phase de poule en 1982 malgré leur succès face à l'Allemagne de l'Ouest (2-1) et le Chili (2-0) dans un groupe où figurait l'Autriche — mais que le sélectionneur refuse de dramatiser.

« C’est un groupe intéressant, avec l’Argentine largement favorite, et trois équipes qui vont se battre pour passer, » pose-t-il d’emblée. Le technicien suisse ne se voile pas la face : le match contre la Selección sera « très difficile et compliqué », mais il en fait un point d’appui plutôt qu’une montagne. « Contre l’Argentine, il faudra essayer de créer une surprise, mais surtout préparer les deux rencontres suivantes qui seront fondamentales. »

Petković martèle l’idée : ne pas se laisser hypnotiser par le prestige de l’affiche. « Quand tu joues l’Argentine, tu n’as pas besoin de motivation supplémentaire. Elle est naturelle. Mais il ne faut pas trop se focaliser dessus. Ce match est spécial, oui, mais l’essentiel est d’aborder tout le tournoi avec lucidité. »

Lucidité également lorsqu’il évoque l’Autriche, adversaire aux résonances particulières pour tout suiveur de l’histoire des Fennecs. « On peut faire quelque chose d’important contre eux, même s’ils évoluent aujourd’hui à un niveau supérieur. » Avec la Jordanie, troisième adversaire de la poule, la bataille pour la deuxième place s’annonce ouverte. Et quand on lui demande s’il joue cette place-là, il sourit : « Je joue toujours pour gagner. Ce n’est pas exclu de viser l’Argentine. Mais la réalité, oui, c’est que la deuxième place est un objectif. »

 

Sur la question des ambitions, Petković refuse les déclarations tapageuses. « C’est difficile de définir des objectifs précis. Nous venons pour passer ce tour et progresser. » Le sélectionneur rappelle aussi que le nouveau format change la grille de lecture : sortir de la phase de groupes mènera désormais en seizièmes, et non plus en huitièmes.

Quant à la CAN, que l’Algérie disputera avant le Mondial, Petković entretient le flou. Certains joueurs issus du groupe élargi, notamment ceux vus lors de la Coupe arabe, pourraient être rappelés. « Tout est possible. Vous aurez les réponses très vite. »

Dernière pirouette, lorsqu’on lui demande s’il a déjà arrêté sa liste : « Moi, oui. Vous, pas encore. » Un sourire, un signe de tête, et Petković quitte la salle. Lucide, prudent, mais clairement déterminé à emmener l’Algérie « pour faire quelque chose » au Mondial.