Footballeuse et maman : la recette de Falonne Meffometou

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  • Le quatrième épisode de la CAF Women Series met à l’honneur Falonne Meffometou et son équilibre entre sa vie professionnelle et son rôle de maman.
  • Elle souligne également le rôle essentiel du club et de son entourage, un encadrement attentif qui lui a permis de revenir rapidement et sereinement sur le terrain après l’accouchement.
  • Enfin, elle partage les leçons de la maternité : patience, discipline et résilience, des qualités qui nourrissent à la fois sa carrière sportive et sa vie personnelle.

La maternité représente un défi majeur, surtout pour les sportives de haut niveau. Pour une footballeuse professionnelle, concilier entraînements, compétitions et responsabilités familiales exige rigueur, organisation et une détermination sans faille. Falonne Meffometou, l’ arrière camerounaise reconnue parmi les meilleures du continent, incarne parfaitement cet équilibre.

Depuis la naissance de sa fille Cindy en 2021, elle a trouvé un mode de vie qui lui permet d’assumer pleinement son rôle de mère tout en restant performante sur le terrain. À travers son témoignage, elle partage non seulement son quotidien, mais aussi les leçons que la maternité lui a apportées et les améliorations nécessaires pour soutenir les mamans footballeuses dans le football féminin.

Pour la Lionne Indomptable de 35 ans, la maternité n’est pas un obstacle mais un moteur. Elle témoigne de la nécessité d’une écoute active et d’un accompagnement adapté pour les joueuses enceintes ou jeunes mamans, soulignant les progrès réalisés dans le football féminin mais aussi les marges d’amélioration. À travers son expérience, elle encourage les générations futures à travailler sans jamais abandonner, à se sacrifier et à persévérer, même lorsque le chemin semble difficile. Cindy, sa petite fille, est devenue sa source de motivation et un symbole de joie pour le club et l’équipe nationale.



CAFOnline.com : En tant que maman et footballeuse, comment s’organisent vos journées ?
Falonne Meffometou : Au début, ce n’était pas simple de m’adapter, mais cela fait presque cinq ans maintenant. Aujourd’hui, je suis habituée et tout se passe bien. Je suis fière d’avoir trouvé mon équilibre et d’assumer pleinement mon rôle de maman.

Quel est votre secret pour concilier football et maternité ?
Tout est une question d’organisation. Je sais exactement à quelles heures j’ai entraînement et à quelles heures je dois déposer ma fille à l’école. Par exemple, je prépare tout la veille si je dois l’emmener le lendemain matin. Après l’entraînement, je rentre, je mange, je me repose, puis je vais la récupérer à 16h30. C’est simple, mais cela demande de la discipline.

Comment la maternité a-t-elle changé votre regard sur votre carrière ?
Elle a tout changé, dans ma vie personnelle comme dans ma carrière. J’ai toujours souhaité avoir un enfant tout en continuant à jouer sur le terrain. Réaliser ce rêve, c’est quelque chose de grandiose et de magnifique.

Est-ce que le football féminin accompagne suffisamment les joueuses devenues mères ?
Mon club m’a très bien soutenue, du début de ma grossesse jusqu’après l’accouchement. J’ai été entourée de préparateurs physiques et d’un staff attentif, ce qui m’a permis de revenir rapidement sur le terrain. L’accompagnement est essentiel pour les joueuses enceintes ou qui reviennent de maternité.

Entre votre accouchement et la reprise, combien de temps avez-vous mis ?
Ma fille avait quatre mois lorsque j’ai repris la compétition. Franchement, c’était un cas spécial. J’étais tellement motivée et déterminée que rien ne pouvait m’arrêter. Tout s’est très bien passé, de la préparation à la reprise. Après l’accouchement, il est très important d’être bien entourée et accompagnée. J’ai eu la grâce de pouvoir compter sur ma jumelle Amélie Tcheno, qui a pris soin de moi avec beaucoup d’attention. Un grand merci également à ma famille pour leur soutien précieux.

Qu’est-ce qui devrait encore changer pour aider les mamans footballeuses ?
Il faut être à l’écoute. Avant, une joueuse enceinte pouvait rencontrer des problèmes dans son club. Aujourd’hui, l’encadrement s’est amélioré et les mamans peuvent revenir plus facilement sur le terrain. C’est encourageant de voir autant de femmes réussir à concilier carrière et maternité.

Que vous a appris la maternité que le football ne pouvait pas vous apprendre ?
La maternité m’a appris l’état d’esprit, la patience, la compréhension et surtout à aimer encore plus ma mère. Être maman, c’est un travail immense et quotidien. Cela m’a donné plus d’amour et une nouvelle façon de voir les choses. Chaque moment passé avec les enfants est un vrai bonheur.

Et Cindy, elle doit être bien entourée en club et en équipe nationale ?
Absolument ! Cindy adore venir avec moi au club lorsqu’elle n’a pas école. Elle aime participer à un peu de sport et mes coéquipières l’adorent. Elle apporte de la bonne humeur et de la joie autour d’elle, c’est magnifique à voir.

Quelles traces souhaitez-vous laisser pour les futures générations de joueuses africaines ?
Travailler sans jamais abandonner. Même dans les moments difficiles, il faut persévérer. Souvent, on est sur le point de réussir quand on croit que c’est trop dur. Se sacrifier, se discipliner, dormir tôt, rester en forme… Tout cela est nécessaire pour atteindre le haut niveau. Il n’y a pas de secret, juste le travail et la détermination.