Mondial U-17 féminin 2026 : en faisant tomber la RDP Corée, le Nigeria donne espoir à l’Afrique
La victoire du Nigeria (3-1) face à la RDP Corée, championne en titre, vendredi, ne lui a pas seulement ouvert les portes des huitièmes de finale. Elle a mis fin à une série de 18 matches sans défaite et rappelé que les jeunes sélections africaines pouvaient rivaliser avec les meilleures nations mondiales.
Les Flamingos du Nigeria ont frappé fort à la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA, au Maroc. En faisant tomber les tenantes du titre, elles ont mis un terme à leur impressionnante série d’invincibilité et envoyé un signal encourageant pour l’ensemble du football féminin africain.
La victoire nigériane (3-1), vendredi 23 octobre, marque un tournant dans le parcours des Flamingos. Elle constitue aussi une source d’inspiration pour les sélections africaines engagées sur la scène internationale. Le Nigeria a mis fin à une série de 18 matches sans défaite de la RDP Corée dans le temps réglementaire de la compétition, qui remontait au 14 novembre 2018.
La RDP Corée s’était imposée comme une référence du football féminin de jeunes, avec deux titres remportés en 2018 et 2024. Avant cette rencontre décisive du groupe B, les Nord-Coréennes avaient inscrit 12 buts et n’en avaient concédé qu’un seul lors de leurs deux premières sorties. Elles avaient notamment dominé Porto Rico (6-0) et la Pologne (6-1).
Les statistiques plaidaient en faveur des championnes en titre. Mais sur le terrain, les Nigérianes ont démontré que le palmarès et la réputation ne suffisaient pas à décider de l’issue d’un match.

Adegbuyi, Umejiaku et Yusuf font tomber les championnes
Les Flamingos ont abordé la rencontre avec l’ambition de rivaliser avec leurs adversaires, plutôt que de se contenter de subir leurs offensives.
Oluwakemi Adegbuyi a ouvert le score à la 15e minute. Grâce à sa qualité technique, elle a éliminé son adversaire directe avant de conclure avec sang-froid face à la gardienne Kim Son Gyong.
Le Nigeria a creusé l’écart à la 38e minute. Servie par Tosin Rafiu, Oluebube Umejiaku a trouvé le chemin des filets pour permettre aux siennes de rejoindre les vestiaires avec deux buts d’avance (2-0).
Au retour de la pause, les Nigérianes ont poursuivi sur leur lancée. À la 56e minute, Kanyinsola Yusuf a inscrit un superbe coup franc pour porter le score à 3-0 et placer les championnes en titre dans une situation délicate.
La RDP Corée a réduit l’écart sur un penalty transformé par Yu Jong-hyang à la 82e minute. Mais les Flamingos ont tenu bon jusqu’au coup de sifflet final pour signer un succès retentissant.
Cette victoire a assuré au Nigeria une place en huitièmes de finale. Avec six points, les Nigérianes ont terminé deuxièmes du groupe B, après une défaite inaugurale contre la Pologne (1-2) et un succès face à Porto Rico (2-0).

Une série historique prend fin
Pour mesurer la portée de cette victoire, il faut revenir sur le parcours de la RDP Corée dans la compétition.
Selon les données de la FIFA, les Nord-Coréennes étaient restées invaincues pendant 2 900 jours dans le temps réglementaire de la Coupe du Monde Féminine U-17. Leur dernière défaite remontait au 14 novembre 2018, face à l’Allemagne (1-4).
Durant cette période, elles avaient remporté les éditions 2018 et 2024, confirmant leur statut de grande puissance du football féminin de jeunes.
Le succès du Nigeria représente donc bien davantage que trois points au classement. Il démontre qu’une équipe, même forte d’un palmarès impressionnant, peut être mise en difficulté face à un adversaire capable d’allier rigueur tactique, audace, qualité technique et efficacité.
Les Flamingos n’avaient pas besoin d’égaler la réputation de leurs adversaires. Elles devaient appliquer leur plan de jeu. Elles l’ont fait avec conviction.

Un message de confiance pour les jeunes footballeuses africaines
Pour le football africain, cette victoire a une portée particulière.
Les jeunes joueuses du continent affrontent régulièrement des adversaires dont les résultats, le classement international et l’expérience des grandes compétitions peuvent impressionner avant même le coup d’envoi. La prestation du Nigeria rappelle que ces références ne doivent pas limiter les ambitions.
Les Flamingos ont montré que les sélections africaines pouvaient rivaliser avec les grandes nations grâce à une préparation rigoureuse, à la confiance en leurs qualités et à une discipline collective maintenue sous pression.

Un tel succès ne suffit pas, à lui seul, à résoudre les difficultés structurelles du football féminin africain. Les écarts en matière d’infrastructures, de compétitions, de formation, de moyens d’encadrement et d’exposition internationale restent importants. Mais une victoire de cette ampleur renforce la conviction que les équipes du continent ont les moyens de faire tomber les meilleures sélections.
La performance nigériane adresse également un message aux dirigeants du football africain : le talent doit être accompagné d’investissements réguliers, de compétitions de qualité, d’un encadrement adapté et de parcours de formation permettant aux jeunes joueuses de progresser sur la durée.
Une victoire marquante peut inspirer une génération. Seul un travail de fond permet de transformer cette inspiration en progrès durable.
Le Nigeria, une source d’inspiration pour les autres sélections africaines
Le succès des Flamingos intervient alors que le football féminin africain poursuit sa quête de reconnaissance et de régularité sur la scène internationale.
Pour les autres représentantes du continent et les sélections de jeunes, cette performance est une source d’encouragement, sans pour autant créer des attentes irréalistes. Chaque équipe doit composer avec son tirage, ses adversaires et ses propres défis. L’objectif n’est pas de considérer les victoires contre les championnes en titre comme une évidence, mais d’aborder ces confrontations avec ambition plutôt qu’avec crainte.

Le Nigeria a prouvé qu’une équipe pouvait se relever après un mauvais départ, ajuster son approche et enchaîner deux victoires pour rejoindre la phase à élimination directe.
Cette capacité à rebondir compte autant que le résultat. Dans un grand tournoi, une défaite peut compromettre une campagne si la confiance s'effrite. Les Flamingos ont, au contraire, tiré les enseignements de leur revers initial face à la Pologne. Elles ont d’abord battu Porto Rico avant de signer leur performance la plus marquante contre la RDP Corée.
Leur parcours rappelle que les grandes compétitions récompensent les équipes capables d’apprendre vite, de s’adapter tactiquement et de répondre présentes lorsque l’enjeu est maximal.
Le plan tactique de Busari fait la différence
Le sélectionneur Akeem Busari peut se féliciter de la préparation de son équipe face à une adversaire dont la vitesse et les mouvements offensifs avaient posé des problèmes à ses précédents opposants.
Après la rencontre, il a expliqué que le Nigeria avait travaillé à perturber les circuits de jeu de la RDP Corée et à conserver une supériorité numérique dans certaines zones défensives.
Le technicien a également insisté sur l’audace de ses joueuses, notamment au regard des résultats obtenus par les deux équipes lors de leurs premières sorties. La RDP Corée avait inscrit 12 buts en deux matches, tandis que le Nigeria avait commencé par une défaite avant de se relancer face à Porto Rico.

Les Nigérianes ont combiné solidité défensive et volonté de se projeter vers l’avant dès que les occasions se présentaient. Loin de se laisser impressionner par le statut de leurs adversaires, elles ont su exploiter leurs opportunités et faire la différence.
Les trois buts illustrent la diversité de leurs qualités offensives : l’exploit individuel d’Adegbuyi, la finition maîtrisée d’Umejiaku et le superbe coup franc de Yusuf.
Cette variété sera précieuse pour la suite du tournoi. En phase à élimination directe, chaque adversaire impose un nouveau défi tactique et la moindre défaite peut être synonyme d’élimination.
Une victoire pour construire la suite
Le succès du Nigeria mérite d’être célébré. Mais les Flamingos doivent désormais s’appuyer sur cette performance pour poursuivre leur progression.
Les huitièmes de finale exigeront la même intensité, la même discipline et le même sang-froid que face à la RDP Corée. Les Nigérianes devront éviter que l’émotion suscitée par cette victoire historique ne les détourne de leur prochain objectif.

Pour le reste du continent, la portée de ce résultat doit dépasser la seule campagne du Nigeria. Il doit encourager les investissements dans la formation, renforcer le soutien au football féminin et nourrir l’ambition de bâtir des sélections capables de rivaliser durablement au niveau international.
Les Flamingos ont déjà validé leur billet pour les huitièmes de finale et mis fin à l’une des plus longues séries d’invincibilité de l’histoire de la compétition. La suite dira jusqu’où elles peuvent aller.
Mais l’essentiel est déjà acquis : arrivée au Maroc avec son statut de championne en titre et un palmarès impressionnant, la RDP Corée a trouvé sur sa route un Nigeria audacieux, discipliné et convaincu de pouvoir l’emporter.
Les Flamingos se sont imposées 3-1. Une victoire qui offre au football féminin africain une nouvelle raison de croire en son potentiel.
