Habibou Ouédraogo, la frappe d’or de l’ASEC Mimosas

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Ce dimanche 9 novembre, dans la chaleur d'Ismaïlia, le chronomètre affichait la 66e minute quand Habibou Ouédraogo a décoché cette frappe du gauche qui a fait chavirer tout un banc de touche. Face au Tout Puissant Mazembe (1-0), championnes d'Afrique en titre, l’ASEC venait d’inscrire son nom dans l’histoire. « C’est un moment extraordinaire, plein d’émotion, » souffle-t-elle avec un sourire encore incrédule. « Je n’oublierai jamais ce but. »

La jeune attaquante ivoirienne, première buteuse du club en compétition continentale, mesure encore à peine la portée symbolique de cet instant : « Quand j’ai célébré, j’ai tout de suite pensé à mon père. Il m’a toujours soutenue, même de loin. Il n’est pas ici, mais il est toujours présent dans mon cœur. »

L’esprit d’équipe avant tout

Dans les vestiaires de l’ASEC, les cris de joie après la victoire se sont vite transformés en accolades et en chants. Siaka "Gigi" Traoré n’a pas eu besoin de longs discours. « Il m’a simplement félicitée, raconte Habibou. Mais il a rappelé que ce but, c’est le fruit d’un travail collectif. »

Car si l’ASEC brille dès sa première participation à la Ligue des Champions Féminine de la CAF, c’est avant tout grâce à un groupe soudé. « Nous sommes ensemble depuis plusieurs années. Il y a une vraie complicité. La force de notre équipe, c’est la solidarité. Personne ne joue pour soi, on joue pour le maillot. »

Cette cohésion se ressent sur le terrain : courses croisées, passes dans le bon tempo, célébrations collectives. Rien n’est laissé au hasard, même pas la gestion de la pression. « Au début, on nous voyait comme les petites nouvelles, explique-t-elle. Mais une fois sur le terrain, on s’est dit : pourquoi pas nous ? On a compris qu’on pouvait rivaliser avec n’importe qui. »

Une victoire fondatrice

Le succès face au Tout Puissant Mazembe, référence continentale, a agi comme un révélateur. « On les voyait comme une équipe intouchable, avoue-t-elle. Mais ce match nous a appris qu’il n’y a pas de cadors dans le football. Si tu travailles, tu peux battre n’importe quelle équipe. »

Depuis, les joueuses de l’ASEC abordent chaque rencontre avec le même état d’esprit. « Pour nous, toutes les équipes que nous affrontons sont des TP Mazembe ! On les respecte, mais on ne les craint pas. Notre objectif est simple : gagner. »

Une aventure qui ne fait que commencer

Première de son groupe, l’ASEC Mimosas rêve désormais d’une qualification historique pour les demi-finales. Le prochain défi : les Tanzaniennes de JKT Queens. « On reste concentrées. On sait d’où on vient. Rien n’est acquis. On joue chaque match comme si c’était une finale. » Avant de raccrocher, Habibou lâche une phrase qui résume tout : « Tout seul, tu marques un but. Ensemble, tu marques l’histoire. »
Une devise que ses coéquipières semblent avoir gravée dans leur cœur — comme ce but, gravé à jamais dans celui de l’ASEC Mimosas.