À 40 ans, Dennis Onyango reste animé par la faim de compétition
À un âge où beaucoup de footballeurs ont déjà raccroché, le gardien ougandais Dennis Onyango continue de défier les conventions.
Aujourd’hui âgé de 40 ans, l’ancien meilleur gardien de l’année CAF reste animé par la même ambition qui a lancé sa carrière il y a plus de vingt ans.
Rappelé en sélection nationale quatre ans après avoir annoncé sa retraite, Onyango s’apprête à disputer sa troisième CAN TotalEnergies au Maroc.
Il sera le joueur le plus âgé de l’équipe des Cranes et l’une des figures les plus expérimentées du tournoi.
Dans un entretien accordé à CAFOnline, le portier des Mamelodi Sundowns revient sur son retour, sa longévité et son rôle au sein de la sélection.
Vous êtes sorti de votre retraite pour honorer un rappel en sélection. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ?
Ce qui m’a le plus motivé, c’est l’évolution de l’équipe. J’ai suivi de près les qualifications et j’ai vu un groupe avec du caractère et une identité claire. Ils devenaient une équipe solide, et ça m’a donné confiance.
Mais la plus grande motivation reste l’opportunité de rejouer au plus haut niveau. Participer à une CAN est toujours spécial, et cela suffit à me motiver. J’ai également été encouragé à revenir pour épauler les jeunes gardiens, surtout après la longue blessure d’Isma Watenga. L’entraîneur croyait que je pouvais apporter quelque chose sur le terrain comme en dehors, et sa confiance a beaucoup pesé dans ma décision. Représenter la sélection signifie énormément pour moi. Ce n’était pas un choix facile, mais j’ai choisi de me concentrer sur le positif.
Que représente pour vous le fait de jouer à ce niveau à 40 ans ?
C’est très important. Je ne suis plus un jeune, mais quand on voit des joueurs comme Cristiano Ronaldo à 40 ans ou le capitaine du Mozambique, Elias Pelembe, à 42, on se sent inspiré. L’âge compte moins quand on se concentre sur la qualité, l’expérience et ce que l’on apporte à l’équipe.
Pour moi, être ici me permet de partager mon expérience avec les plus jeunes, surtout les gardiens, et d’élever le niveau global de l’équipe. Cela donne encore plus de sens à ce moment.

Qui ou quoi vous inspire à continuer à ce niveau, et imaginiez-vous être encore là à 40 ans ?
Honnêtement, je n’imaginais pas jouer une CAN à 40 ans. Je pensais que la jeune génération prendrait totalement le relais, et elle a fait un excellent travail pour qualifier l’équipe.
Mon rappel témoigne aussi du travail que j’ai poursuivi en club avec Sundowns, même sans jouer régulièrement. Les entraîneurs ont vu que je pouvais encore inspirer l’équipe et partager mon expérience. Travailler avec les jeunes gardiens et les pousser à progresser a été une grande source de motivation pour moi.
À quoi attribuez-vous votre longévité au plus haut niveau?
La discipline a été la clé. Mon club a pris soin de moi et m’a permis de rester en forme. Je suis très strict sur l’entraînement, la récupération, l’alimentation et le repos.
Ma famille a également un rôle énorme. Ma femme et mes enfants me rappellent constamment qui je suis et ce dont je suis capable. Tout cela me garde concentré et motivé. Le football m’a tout donné, et je crois que je dois toujours tout lui rendre.
Comment cette CAN se distingue-t-elle de vos tournois précédents?
Chaque tournoi est différent. De mes débuts au Gabon à l’Égypte en 2019, et maintenant au Maroc en 2025, chacun a sa propre histoire et ses défis. Le Maroc est déjà spécial. Les infrastructures sont de premier ordre et tout est parfaitement organisé.
Pour moi, l’essentiel est de profiter de l’expérience et de contribuer à ce qui peut être un parcours exceptionnel avec les Cranes.
Quel rôle voyez-vous pour vous en dehors du terrain, notamment auprès des jeunes ?
Je veux aider l’équipe à franchir la prochaine étape parce que je sais ce que cela exige à ce niveau. Je souhaite motiver les jeunes et leur faire comprendre ce que représente vraiment la sélection nationale à la CAN.
Ce tournoi peut changer une carrière : des recruteurs observent, des opportunités s’ouvrent, et des trajectoires se dessinent. Je me vois aussi comme un pont entre le staff technique et les joueurs, et comme un soutien pour le capitaine Khalid Aucho, afin qu’il se concentre sur ses performances.
Pour les gardiens, mon rôle est simple : pousser chacun à être prêt quand son moment arrive.
Avec la concurrence pour les places, qu’est-ce qui vous motive chaque jour ?
La concurrence est saine, et il y a beaucoup de compétition dans l’équipe. Les deux jeunes gardiens sont très talentueux, et comme on dit, le fer aiguise le fer. Nous nous poussons mutuellement, et celui qui a l’opportunité doit être prêt à performer.
Je veux toujours m’améliorer chaque jour. Travailler dur, rester humble et motiver les autres me procure une grande satisfaction. C’est ce qui me garde motivé.
