CAN CAF TotalEnergies 2023 : Adingra-Diakité, la nouvelle vague ivoirienne
Insouciants, innovants, ambitieux et surtout pétris de talents, Simon Adingra et Ouma Diakité représentent la nouvelle garde ivoirienne. Âgés respectivement de 22 ans et 20 ans, les deux jeunes hommes ont connu des trajectoires sinueux avant d’être les protagonistes de la qualification des Éléphants en demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations CAF TotalEnergies, Côte d’Ivoire 2023.
De haut de son mètre 75, Simon Adingra a connu un parcours difficile avant d’être footballeur : “Des moments pas faciles, j’en ai connu, et cela a façonné mon caractère. Je me rappelle du jour où un “agent” de joueur est venu à la maison car il voulait me recruter pour aller dans une académie au Bénin. Avec neuf autres garçons, nous sommes allés dans ce pays sauf que l’académie en question n'hesitait pas. Cet escroc est reparti avec notre argent et on s’est retrouvé dans la rue. J’ai dû enchaîner des petits boulots pour subvenir à mes besoins.” raconte t-il. Avant de s’envoler au Ghana et d'intégrer la Right to Dream Academy. “Quand je pense à tout ce que j’ai vécu, je me dois de donner le meilleur de moi-même, pour mon pays, ma famille, surtout pour honorer mon père qui n’est plus des nôtres et qui m’a toujours encouragé dans cette voie” explique t-il.
Entré en jeu à la 86e minute face au Mali, l'ailier droit s’est conditionné pour être décisif : “Je me suis dit que j’allais peut-être avoir une occasion et que c’est à moi de la saisir. Et oui j'ai de la chance. Je peux vous dire que cela a été, à titre individuel, l’une de mes plus grandes émotions, en tant que footballeur, j’avais mon cœur qui battait à mille à l’heure » a avoué Adingra.
Autre grand protagoniste de ce quart de finale, Oumar Diakité. Comme Adingra, le numéro 14 des Éléphants est entré en jeu lors de la deuxième période du match face aux Aigles. Actif sur son flanc gauche, le natif de Bingerville ne tarde pas à se faire remarquer. Tout d’abord en écopant d'un carton jaune puis en marquant le but de la victoire sur une action initiée par Simon Adingra, avant de faire expulser : « Ma joie était si grande que j’ai oublié que j’avais un carton jaune, c’est une erreur de ma part. La demie, je ne pourrais pas la jouer, mais je ne pense pas que ça mettra mon équipe à mal parce qu’on a la profondeur, et même si je ne suis pas là, on pourra faire le taf » a estimé Oumar Diakité.
Être le héros de ce pays au lendemain d’une qualification épique, Diakité l’a longuement imaginé voire rêvé : “C’est un sentiment inexplicable.” Cependant être footballeur professionnel semblait être une chimère pour l’enfant de Bingerville : “Durant ma formation à l’ASEC, j’avais entamé une formation en tant qu’ingénieur. Même si je m’épanouissais amplement dans le foot, j’avais besoin de sécuriser de certaine manière ma vie. Car, tout va très vite dans ce monde.”
Mercredi 7 février, la Côte d’Ivoire, la miraculée, retrouve le stade olympique Alassane Ouattara d'Ebimpé, son ancien antre, théâtre de sa débâcle face à la Guinée équatoriale 4-0 lors de sa journée de phase de groupe. À elle désormais de se racheter face à la coriace équipe de la République Démocratique du Congo.