Christopher Katongo (Zambie) : « La CAN vous apprend qu’en Afrique, aucune équipe ne doit être sous-estimée »

Publié:

Peu de moments dans l’histoire du football africain brillent autant que le sacre de la Zambie lors de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations 2012. Au cœur de cette épopée inoubliable, un homme : Christopher Katongo, capitaine exemplaire, leader charismatique et âme des Chipolopolo, qui ont soulevé le trophée continental à Libreville.

Plus de dix ans plus tard, Katongo reste une figure respectée du football africain, reconnu pour ses performances remarquables en club comme en sélection.
Alors que le continent se prépare pour la TotalEnergies CAF CAN Maroc 2025, il s’est confié à CAFOnline.com pour évoquer ses souvenirs, son regard sur l’évolution du tournoi et ce qui rend le football africain si unique.

CAFOnline.com : Gagner la CAN en 2012 a-t-il changé votre vision du football africain ?
Christopher Katongo: Remporter la CAN en 2012 a tout bouleversé — pour moi, pour notre pays, et pour la perception du football africain dans le monde. Ce tournoi nous a appris qu’il n’existe aucune “petite équipe” en Afrique. Chaque nation qualifiée mérite le respect. Cette expérience m’a montré que la détermination, l’unité et la foi collective peuvent vous emmener au sommet, peu importe d’où vous venez. La CAN, c’est la célébration de la profondeur et de l’esprit du football africain.

En quoi la CAN est-elle plus difficile que d’autres compétitions internationales ?
La CAN est spéciale parce qu’elle reflète les richesses culturelles du continent. Chaque édition a sa propre identité — du public au rythme des matches. Ce n’est pas seulement du football : c’est de la fierté, de l’histoire et de la représentation d’un peuple. Le niveau de compétition ne cesse de croître, car le football africain s’améliore sans relâche. Chaque tournoi est donc un nouveau défi, toujours plus relevé.

Comment ce titre de 2012 a-t-il influencé le développement du football zambien ?
Cette victoire a été une source d’inspiration immense. Elle a prouvé que toute équipe capable de se qualifier pour la CAN peut rêver de la remporter. En Zambie, les jeunes ont commencé à croire qu’ils pouvaient atteindre le plus haut niveau. La motivation pour représenter la sélection nationale s’est renforcée, et, partout en Afrique, les nations moins médiatisées ont abordé la compétition avec plus de confiance et d’ambition.

Comment la qualité et l’intensité des matches ont-elles évolué depuis votre époque ?
Le niveau a clairement progressé. Les joueurs sont désormais mieux préparés — physiquement, mentalement et tactiquement. Et surtout, la fierté de défendre les couleurs de son pays attire de plus en plus de footballeurs évoluant à l’étranger. Cette implication renforce la compétitivité et la valeur sportive du tournoi.

Quel est, selon vous, le principal moteur de la croissance de la CAN ?
L’exposition internationale. La CAN est devenue une vitrine mondiale du talent africain.
Elle permet aux joueurs de se révéler sur la scène internationale, et beaucoup ont ensuite connu de belles carrières. Cette attention mondiale tire le niveau vers le haut, édition après édition.

Que pensez-vous des chances des équipes d’Afrique australe à la CAN ?
Les sélections du Sud progressent énormément. L’écart entre les régions se réduit, et chaque équipe qualifiée peut créer la surprise. Avec de la discipline, de la rigueur et la confiance dans leur style de jeu, elles peuvent aller au bout — comme nous l’avons fait en 2012.

Comment avez-vous vu évoluer l’ambiance et l’engouement des supporters ?
L’atmosphère devient plus incroyable à chaque édition. Les fans apportent une énergie unique, une passion incomparable. Aujourd’hui, l’engouement s’exprime aussi sur les réseaux sociaux : le football africain dépasse les stades, il rayonne à l’échelle mondiale. C’est ce mélange de ferveur populaire et de modernité qui rend la CAN si belle.

Quels enseignements les joueurs actuels peuvent-ils tirer de votre expérience à la CAN ?
Tout repose sur le collectif et le travail. Il faut s’entraîner ensemble, se battre les uns pour les autres, rester soudés dans les moments difficiles. Le talent seul ne suffit pas : c’est l’esprit d’équipe qui fait la différence.
C’est la grande leçon de notre parcours en 2012.

Comment voyez-vous l’avenir de la CAN sur la scène mondiale ?
La CAN fait déjà partie des plus grands tournois internationaux. Sa réputation s’est imposée, et son prestige ne cesse de croître. La qualité du jeu, l’organisation et l’audience mondiale progressent à chaque édition. C’est notre trophée majeur en tant qu’Africains, et nous devons en être fiers.

Que représente pour vous la CAN 2025 au Maroc ?
La CAN 2025 sera une nouvelle fête du football africain. J’attends un tournoi marqué par le fair-play, l’unité et le beau jeu. J’espère qu’il continuera à rassembler le continent, à mettre en lumière nos talents, notre culture et notre passion. C’est cela, la véritable essence de la CAN.