Diaspora Tour : Paris embrase la CAN 2025
Il est un peu plus de 19 heures, quand les premières basses résonnent sous les voûtes industrielles du Yoyo. Ce mercredi soir marque le lancement de la première étape du Diaspora Tour, initiative imaginée par la Confédération Africaine de Football pour rapprocher le Trophée de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations 2025 de celles et ceux qui vivent loin du continent mais dont le cœur bat au même rythme que ses sélections.
Un Trophée révélé comme une relique, Yaya Touré comme messager
Quand Yaya Touré, champion d’Afrique 2015 avec la Côte d’Ivoire, apparaît sur la scène, drapé dans une lumière dorée, le brouhaha se dissipe. L’homme n’a plus besoin d’être présenté : quatre fois élu Meilleur Joueur Africain aux CAF Awards, champion parmi les champions, mémoire vivante d’une décennie dorée. La salle se fige, comme si chaque téléphone levé cherchait à capter un fragment de ce moment.
Alors que le tissu recouvrant le Trophée glisse doucement, l’Ivoirien laisse échapper un sourire — celui des soirs où l’histoire se raconte davantage par les gestes que par les mots. « Ce Trophée appartient à tout un continent. Le voir voyager vers la diaspora, ici, à Paris, c’est une immense fierté. L’Afrique mérite des moments comme celui-ci, unis dans la culture et dans le football. »
Les applaudissements durent longtemps, lourds d’une forme d’identité partagée. Dans les regards, on croise autant la nostalgie d’un pays lointain que la fierté d’une génération enracinée dans deux mondes, et qui trouve dans ce Trophée une raison supplémentaire de revendiquer ses origines.
Ainsi débute officiellement le Diaspora Tour, pensé comme un pont émotionnel entre les communautés africaines installées hors du continent et la CAN 2025, qui s’annonce déjà comme l’un des plus grands rendez-vous sportifs de l’histoire du Maroc.

Sur le côté de la scène, Samson Adamu, Directeur des Compétitions de la CAF, observe la scène. Quand vient son tour de parler, sa voix porte une vision plus institutionnelle : « Le Diaspora Tour n’est pas un événement de communication. C’est un geste d’unité. La diaspora joue un rôle essentiel dans la dynamique du football africain. Cette CAN 2025 sera aussi la leur. Et quand la CAN se joue, même Paris vibre.»
La présence du Trophée, point focal de la soirée, aimante les regards et les pas. Les téléphones se lèvent, les sourires se figent le temps d’une photo. Quelques instants plus tard, un panel rassemblant Bruno Ecuele Manga le capitaine du Gabon, Moussa Niakhaté le défenseur sénégalais et la légende Yaya Touré avait lancé un autre mouvement, fait de récits croisés et de confidences de joueurs passés ou présents — autant de fils qui relient les générations. Et Paris semble, l’espace de quelques heures, condenser des décennies d’exils et de trajectoires éparses pour les fondre en un récit unique : celui d’un continent qui parle, chante, danse et continue d’espérer depuis ses terres d’adoption.

Youssoupha, Mohamed Ramadan, Didi B : la scène se transforme en archipel panafricain
La soirée ne se raconte pas seulement par la parole. Elle s’écrit aussi, et surtout, dans les vibrations. Au Yoyo, les murs transpirent la musique. Le concept du Diaspora Tour repose sur cette hybridation : football et culture, Trophée et rythmes, symboles et performances scéniques. À ce jeu, les artistes présents transforment la salle en territoire commun, où chaque accent trouve sa place.
Le premier à faire chavirer les décibels est Mohamed Ramadan. L’artiste égyptien est accueilli par un tonnerre de cris. Avant même de commencer, il lève le bras, comme pour rassembler la salle.
« L’Afrique est une famille. Ce Tour la rend encore plus soudée », lance-t-il.
Son set, puissant et visuel, arrache des cris aux premières lignes et des sourires à ceux qui profitent depuis le fond. Il signe l’un des moments les plus fédérateurs de la soirée.

Peu après, la salle change de couleur, de tempo, de langue. C’est au tour de Youssoupha, le rappeur congolais, icône de la scène urbaine francophone. « Je veux que le Trophée aille en RDC ! Le peuple congolais le mérite. On a la passion, on a l’histoire. » Puis la musique reprend. Youssoupha alterne classiques et nouvelles inspirations, comme s’il écrivait un chapitre complémentaire au programme officiel de la soirée. Dans ses mots, la diaspora congolaise retrouve une boussole, une fierté, un éclair.
Enfin, Didi B prend le relais et fait basculer le Yoyo dans un bain d’afrobeats et de rap ivoire. L’artiste, désormais installé dans la scène internationale, sait parfaitement jouer avec son public. Il l’interpelle, improvise, chauffe la salle comme un stade aux abords d’une finale.
« Amener ce Trophée à la diaspora, c’est envoyer un message : l’Afrique avance ! »
Une phrase qui aurait pu figurer sur une bannière ou l’écran géant du Yoyo, mais qui trouve un écho naturel dans cette salle que rien ne sépare, sinon la diversité qui l’enrichit.

Une communion afro-parisienne
Au-delà des performances, ce qui frappe dans cette première journée du Diaspora Tour, c’est l’impression d’une communion rare. Paris, souvent trait d’union entre les diverses cultures africaines, a servi de scène idéale pour ce mélange des genres et des identités.
Dans les travées, on croise des personnes de tous les milieux professionnels : politiques, médias, sport…Tous guidés par la même pulsation : celle d’un moment qui dépasse le simple cadre promotionnel d’une compétition.
La présence du Trophée, point focal de la soirée, aimante les regards et les pas. Les téléphones se lèvent, les sourires se figent le temps d’une photo. Et Paris semble, l’espace de quelques heures, condenser des décennies d’exils et de trajectoires éparses pour les fondre en un récit unique : celui d’un continent qui parle, chante, danse et continue d’espérer depuis ses terres d’adoption.