Le Maroc, pays hôte, s'impose dans une séance de tirs au but haletante et rejoint sa première finale depuis 22 ans
- Yassine Bounou a arrêté deux penalties
- Le Maroc disputera sa première finale de CAN depuis 2004
- Ils affronteront le Sénégal en finale dimanche à Rabat
Maroc 0-0 Nigeria (4-2 aux tirs au but)
Bounou a tendu les bras et Rabat a explosé. Mercredi soir, dans un Stade Prince Moulay Abdellah incandescent, le gardien marocain a envoyé les Lions de l’Atlas en finale de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations, la première depuis 21 ans, en repoussant deux tirs au but nigérians lors d’une séance irrespirable (0-0, 4-2 t.a.b.).
Cent vingt minutes n’avaient pas suffi à départager le Maroc et le Nigeria, engagés dans une demi-finale intense, tendue, parfois verrouillée. Il a fallu en appeler à l’homme des grands rendez-vous. Yassine Bounou, déjà décisif tout au long du tournoi, a confirmé son statut en se dressant devant Samuel Chukwueze puis Bruno Onyemaechi, offrant aux siens un billet pour une nuit qui restera gravée.
La séance avait pourtant mal commencé pour les hôtes. Neil El Aynaoui et Paul Onuachu avaient ouvert le bal sans trembler, avant que Stanley Nwabali ne devine la frappe de Hamza Igamane, donnant un court avantage aux Super Eagles. Mais Bounou, impassible, a lu le tir de Chukwueze pour relancer le Maroc et rétablir l’équilibre.

Derrière, Eliesse Ben Seghir puis Fisayo Dele-Bashiru ont assuré, avant qu’Achraf Hakimi ne s’avance avec l’autorité du capitaine. Frappe nette, 3-2. Le stade retenait son souffle. Bounou a alors jailli une nouvelle fois, main ferme sur la tentative d’Onyemaechi. Le reste appartenait à Youssef En-Nesyri, calme, précis, pour faire chavirer Rabat et libérer tout un pays.
Cette qualification a desserré l’étau qui pesait sur le Maroc depuis le début de la compétition. Pays organisateur, favori assumé, les Lions de l’Atlas vivaient sous pression permanente. Ils joueront désormais une finale longtemps espérée, à un pas d’un sacre historique à domicile.
Pour le Nigeria, en revanche, la désillusion est immense. Les Super Eagles, finalistes sortants, voient s’échapper l’espoir d’un nouveau rendez-vous suprême et devront se remobiliser pour le match pour la troisième place face à l’Égypte, à Casablanca.

Avant la loterie, la demi-finale avait tenu ses promesses. Dès les premières minutes, les deux équipes avaient affiché leurs intentions. Brahim Diaz avait frôlé l’ouverture du score d’une frappe enroulée, Ismail Saibari s’était heurté à la vivacité de Nwabali, tandis qu’Ademola Lookman testait Bounou à ras de terre. Victor Osimhen, lui, n’a jamais trouvé l’espace, muselé par une défense marocaine vigilante.
Après la pause, le Maroc a pris l’ascendant territorial. Calvin Bassey, monumental, a longtemps repoussé les assauts, et Nwabali a encore brillé devant Abde Ezzalzouli. Les prolongations, marquées par la fatigue et la peur de l’erreur, n’ont rien offert de plus.
Il fallait un héros. Le Maroc l’a trouvé dans ses cages. Et Rabat, cette nuit-là, n’est pas près d’oublier Yassine Bounou.
Sénégal 1-0 Egypte
Buteur: Sadio Mané 78’

Et puis Sadio Mané a frappé. Un éclair, suffisant pour fendre un mur égyptien longtemps infranchissable et propulser le Sénégal en finale de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025. Mercredi 14 janvier, au Grand Stade de Tanger, l’attaquant des Lions de la Teranga a signé l’unique but de la demi-finale face à l’Égypte, à un peu plus de dix minutes du terme (1-0).
Comme prévu, la première période a été âpre, presque étouffante. L’Égypte a installé un bloc bas compact, laissant le ballon au Sénégal, souvent stérile dans ses intentions. La seule vraie montée d’adrénaline est venue d’une frappe de Nicolas Jackson, à l’entrée de la surface, qui a filé au-dessus de la barre (19e). Coup dur en revanche pour les champions d’Afrique : Kalidou Koulibaly, capitaine et patron défensif, a quitté la pelouse sur blessure dès la 23e minute, après avoir écopé d’un avertissement qui le privera de la finale. À la pause, rien n’était encore écrit.
Les premiers ajustements sont intervenus dès la reprise. Habib Diarra a cédé sa place à Lamine Camara côté sénégalais, tandis que Trezeguet remplaçait Ahmed Fatouh pour l’Égypte. Le scénario, lui, n’a guère évolué : domination territoriale du Sénégal, rigueur défensive des Pharaons. Mais à force de reculer, l’Égypte a fini par céder.

À la 78e minute, Mané a armé depuis l’entrée de la surface. Sa frappe, précise, a frôlé le poteau droit d’El Shenawy avant de finir au fond. Le déclic. Le Sénégal a enfin été récompensé de sa patience.
Contraints de sortir, les Égyptiens se sont alors exposés. Sur une remise de Camara, Pape Gueye a manqué le break en expédiant sa tentative au-dessus (82e). Hossam Hassan a lancé ses dernières forces offensives dans les ultimes minutes, sans succès. L’unique tir cadré de l’Égypte est arrivé trop tard, dans le temps additionnel (90e+5), tranquillement capté par Edouard Mendy.
Solides, patients et cliniques, les Lions de la Teranga s’offrent ainsi une troisième finale sur les quatre dernières éditions depuis 2019. Une régularité au sommet. Ils attendent désormais leur adversaire, Nigeria ou Maroc, opposés dans l’autre demi-finale à Rabat.
Pour l’Égypte, il ne restera que le match pour la troisième place, samedi, comme lot de consolation. Pour le Sénégal, l’histoire continue.

Les déclarations d'après-match
Sadio Mané, Homme du match TotalEnergies
« Dès le début, nous l'avons fait ensemble. Nous avons évité les erreurs individuelles ou les fautes inutiles. Je pense que nous avons bien géré le match du début à la fin et, globalement, nous méritions de gagner. Il faut être honnête sur la finale et je pense que toutes les équipes sont formidables. Nous verrons, et nous essaierons d'être prêts pour la finale, surtout pour donner le meilleur de nous-mêmes »
Hossam Hassan, sélectionneur de l'Egypte :
"Je suis extrêmement fier de mes joueurs qui ont fait preuve d'un grand caractère face à un adversaire coriace. Je viens de leur dire que je suis fier d'eux car ils ont défendu le drapeau égyptien et le peuple égyptien avec beaucoup de courage. Le Sénégal a très bien joué et je ne peux rien leur enlever, ils ont été excellents aujourd'hui".
Pape Thiaw, coach du Sénégal:
"Nous sommes très, très heureux d'avoir atteint la finale. Ce ne fut pas facile face à une bonne équipe comme l'Égypte. Mes joueurs étaient déterminés à remporter le match et cette détermination s'est vue sur le terrain. Je rends hommage à l'Égypte qui a bien joué et nous a offert un très bon match. Maintenant, nous allons nous concentrer sur la préparation de la finale et nous y investir pleinement".