Noah Sadiki, la nouvelle étoile du milieu congolais

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Toujours souriant, bavard et doté d’un regard espiègle, Noah Sadiki séduit autant par sa personnalité que par son talent. Né en banlieue de Bruxelles, le milieu de terrain de 21 ans s’est rapidement imposé au cœur du jeu congolais, après avoir choisi de représenter le pays de ses parents dès les U20. Ce geste l’a transformé en symbole du retour des binationaux et d’une nouvelle génération désireuse de se mettre au service de ses racines.

« C’est un choix personnel », explique-t-il. « Je ne force personne à suivre cette voie. Je l’ai fait en mon âme et conscience. Aujourd’hui, il y a des jeunes qui veulent aider leur pays, comme Ibrahim Mbaye au Sénégal ou Brahim Diaz avec le Maroc. Être ici, c’est à la fois une fierté et un plaisir. Quand j’étais enfant, je regardais presque tous les matches de la RD Congo. »

Son parcours n’a pas été exempt de difficultés. Entouré d’un environnement où le football tenait une place centrale — son père, Francis, dirige une académie près de Bruxelles, tandis que sa mère apportait soutien et stabilité, Noah a appris à conjuguer exigence et passion. Au-delà du talent, il a fait un choix de cœur. « La famille a toujours été au centre de mon parcours », confie-t-il. « Mon père me guide, ma mère m’encourage. Quand je joue, je pense à eux et à tous ceux qui n’ont pas eu ma chance. Je veux leur offrir la possibilité de rêver. »

Pour Francis, suivre son fils sur le terrain est une fierté et une responsabilité. « Il est le fruit d’une éducation stricte mêlée à la liberté que la société occidentale offre aux jeunes. Chaque fois qu’il entre sur le terrain, je lui rappelle : sois le représentant de ceux qui n’ont pas eu ta chance. Noah vient de nulle part, je veux qu’il devienne un modèle. »

Une montée en puissance dans le football européen

Avant de s’imposer avec la RD Congo, Sadiki avait déjà montré des qualités exceptionnelles en club. Formé à l’académie de son père, il a rapidement évolué vers les équipes belges de jeunes, où sa technique et sa vision de jeu ont attiré l’attention. Son passage à Sunderland, où il s’est installé comme titulaire, a confirmé son potentiel. Rapide, lucide et capable de relancer le jeu sous pression, il incarne ce mélange rare entre créativité et rigueur défensive.

« Noah a cette fraîcheur et cette audace que nous cherchons au milieu », assure le sélectionneur Sébastien Desabre. « Il ne se cache jamais, prend des responsabilités et sait relancer le jeu même sous pression. Il est rapide dans ses choix et dans sa pensée. À 21 ans, il a déjà le sang-froid d’un vétéran. »

Ses coéquipiers en sélection ne tarissent pas non plus d’éloges. « Noah nous apporte de l’énergie et de la joie sur le terrain », confie Gaël Kakuta. « Il est très sérieux dans le travail, mais il sait aussi détendre l’atmosphère. Quand il est là, on sait que le ballon est entre de bonnes mains. » Même Cedric Bakambu, pilier offensif de l’équipe, souligne : « Il a cette capacité à toujours trouver la bonne passe, même dans les espaces étroits. C’est un vrai atout pour nous. »

Cette capacité à gérer la pression et à être un relais entre défense et attaque fait de Noah un joueur clé pour les Léopards. Son intelligence tactique et sa maturité surprennent pour un joueur de son âge et le rendent indispensable pour Desabre, qui insiste sur sa polyvalence et sa capacité à dicter le tempo du jeu.

Un mardi, sous les projecteurs

Ce mardi, à 17 heures au stade Moulay El Hassan à Rabat, Noah Sadiki sera au centre du choc des huitièmes de finale face à l’Algérie. Le gamin des zones-mixte, devenu pilier du milieu congolais, s’apprête à entrer pleinement dans la lumière.

« Il faut savoir gérer la pression, mais Noah a cette maturité malgré son âge », prévient Desabre. « Il sera prêt pour ce match. » Et ses coéquipiers ajoutent : « Avec lui sur le terrain, on se sent plus forts. Il peut faire la différence. »

Entre audace et responsabilité, Noah Sadiki incarne la jeunesse ambitieuse de la RDC et le futur des Léopards. Pour ce jeune joueur, chaque ballon est une opportunité de montrer qu’il a fait le bon choix et qu’il est capable de porter son pays vers les sommets.

À 21 ans, Noah Sadiki n’est plus seulement un espoir : il est déjà un pilier, une figure et un symbole pour la RDC, prêt à écrire de nouvelles pages de l’histoire des Léopards.