Paul Put : « L’Ouganda est prêt à défier le Nigeria, la Tunisie et la Tanzanie »
● L’Ouganda affronte le Nigeria, la Tunisie et la Tanzanie dans une poule très disputée de la CAN 2025 au Maroc.
● Sous Paul Put, les Cranes misent sur discipline, équilibre tactique et force mentale pour marquer les esprits en Afrique du Nord.
● Entre matchs qualificatifs, amicaux et camp à Kampala, l’Ouganda a peaufiné sa stratégie et vise une performance collective solide pour franchir la phase de groupes.
L’Ouganda a hérité d’une poule particulièrement relevée pour la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc, avec le Nigeria, la Tunisie et la Tanzanie comme adversaires. Les Cranes n’ont participé que huit fois à la phase finale de la compétition, leur parcours le plus mémorable ayant été la finale atteinte en 1978.
Sous la direction de Paul Put, l’équipe a cherché à allier discipline, équilibre tactique et force mentale afin de se faire un nom en Afrique du Nord. À quelques semaines du départ pour la compétition en décembre, le tacticien belge a présenté son plan de préparation, a livré son analyse des adversaires, a précisé ses objectifs internes et a partagé sa vision de la pression qui pesait sur le groupe.
Dans cet entretien exclusif avec CAFOnline.com, le sélectionneur de l’Ouganda livre ses impressions avant de débarquer au Maroc.
CAFOnline.com : Comment se déroule la préparation de l’Ouganda pour la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations, Maroc 2025 ?
Paul Put : Nous avons disputé deux matches qualificatifs pour la Coupe du Monde en octobre (ndlr : défaite contre l’Algérie 2-1, et victoire contre le Botswana 1-0), que nous avons également utilisés comme préparation. Ensuite, nous enchaînerons avec deux matchs amicaux en novembre. Début décembre, nous organiserons un camp fermé à Kampala, avec une séance ouverte aux supporters, avant de nous envoler pour Rabat. Sur place, nous jouerons encore quelques matchs internationaux et effectuerons les derniers réglages avant d’affronter la Tunisie le 23 décembre.

Quelles leçons des qualifications comptez-vous appliquer au Maroc pour marquer les esprits ?
La cohésion et la discipline ont été parmi mes priorités dès le premier jour. Pour la CAN, j’ajoute une volonté de gagner encore plus forte — cette détermination doit l’emporter sur la peur de perdre. Nous voulons une équipe qui conserve sa structure, se bat sur les transitions et croit en sa capacité à rivaliser.
Vous êtes dans un groupe compliqué, avec le Nigeria, la Tunisie et la Tanzanie. Comment évaluez-vous vos adversaires ?
Le Nigeria est un cador du continent. Son effectif regorge de talents et d’expérience européenne, et des menaces se présentent de partout. La Tunisie se montre très organisée, technique et tactiquement intelligente, ce qui la rend difficile à percer, mais nous verrons sur le terrain. Quant à la Tanzanie, nos voisins apportent énergie et connaissance mutuelle, car les derbies régionaux ne sont jamais simples.
Nous respectons chacun de nos adversaires, mais nous ne nous laissons pas intimider. Nous voulons rendre une belle copie.
Qu’est-ce qui serait un succès en phase de groupes ?
Idéalement, nous voulons nous qualifier pour le tour suivant. Mais avant tout, nos performances doivent refléter le football moderne : équilibre, engagement total dans toutes les phases et régularité. Si nous parvenons à gagner le respect des grandes nations africaines et à assurer notre qualification pour les phases à élimination directe, ce sera déjà un bel accomplissement.
Y a-t-il un joueur ougandais que vous attendez particulièrement ?
Je préfère ne pas citer de noms. La philosophie ici repose sur la performance collective. Mais plusieurs jeunes joueurs locaux, issus de clubs comme KCCA, Vipers et la Premier League ougandaise, sont prêts à se montrer. L’Afrique doit suivre leur discipline et leur maturité.
Quel rôle auront les joueurs expérimentés comme Khalid Aucho ?
Les vétérans apportent leadership, sang-froid et guidance. Ils aident les jeunes dans les moments de tension, fixent des standards à l’entraînement et relient la stratégie de l’encadrement au terrain. Leur présence est précieuse en tournoi.
Quelle est votre approche sur les coups de pied arrêtés avant la CAN ?
Les coups de pied arrêtés peuvent décider des matchs serrés. Nous avons travaillé sur la variété dans l’exécution, le timing et l’organisation défensive. Beaucoup de nos joueurs sont déjà habitués à ces situations sous pression au niveau des clubs, et nous voulons reproduire cela à la CAN. Je crois qu’ils peuvent être décisifs.

Quelle importance auront les supporters ougandais au Maroc ?
Nos supporters sont un pilier. Leur énergie, leurs chants et leur croyance nous accompagnent partout. Même quelques centaines ou milliers de fans en déplacement créent un sentiment de « maison loin de chez soi » et rappellent aux joueurs ce qu’ils représentent : une nation entière qui regarde et espère. Nous nous battrons pour eux.
Quelle est votre philosophie de sélection — forme, expérience ou équilibre ?
L’équilibre est la clé. L’expérience aide dans les moments de pression, mais il faut aussi jeunesse, énergie, créativité et discipline tactique. Notre équipe doit être compétitive dès maintenant tout en laissant la place à la construction pour les tournois futurs. Le collectif prime toujours sur l’éclat individuel.
Enfin, quelle promesse faites-vous aux supporters ougandais ?
Je leur promets une équipe qui joue avec cœur, unité et fierté. Nous nous battrons sur chaque ballon, respecterons le maillot et donnerons tout sur le terrain. Nous affronterons peut-être des adversaires plus forts, mais nous ne reculerons pas. Notre objectif est de représenter l’Ouganda avec dignité, passion et détermination.