Quand la CAN s’invite dans les halls d’arrivée
À cinq jours du coup d’envoi de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations,Maroc 2025, l’Afrique n’arrive pas d’abord aux portes des stades. Elle atterrit. À Casablanca, lundi soir, il suffit de poser le pied hors de l’avion pour comprendre que le pays est déjà passé en mode CAN.
Avant les tapis à bagages, avant les contrôles de police, avant le brouhaha habituel des halls d’arrivée, le football s’impose. Des ballons géants aux couleurs de la compétition trônent dans le terminal. Les écrans LED vibrent aux teintes du tournoi. Les murs et les passerelles s’illuminent de messages de bienvenue adressés au continent. Les aéroports marocains ne sont plus de simples lieux de transit : ils sont devenus la première scène de la CAN.
La TotalEnergies CAF CAN Maroc 2025 s’ouvrira dimanche à Rabat, avec une affiche du groupe A entre le pays hôte et les Comores. Un match inaugural lancé à 20h (heure locale, 19h GMT), devant un stade Prince Moulay Abdellah annoncé à guichets fermés, pour la 35e édition du tournoi — la première organisée au Maroc depuis 37 ans.
Dans les prochains jours, des dizaines de milliers de supporters transiteront par Casablanca, Marrakech, Rabat, Tanger, Fès ou Agadir. En coulisses comme au grand jour, le réseau aéroportuaire marocain a basculé en régime opérationnel… et festif, à l’approche du rendez-vous phare du football africain.
« Welcome Football, Welcome Fans »
Cette métamorphose s’inscrit dans une campagne nationale pilotée par l’Office National des Aéroports (ONDA), sous le slogan : « Welcome Football, Welcome Fans ».
Dans un communiqué, l’ONDA affirme que les aéroports du Royaume sont « pleinement prêts à jouer leur rôle de véritables portes d’entrée de la célébration de la CAN 2025 », en étroite coordination avec le Comité d’Organisation Local et la CAF.
Dans les halls d’arrivée, des campagnes LED aux couleurs de la CAN ont été déployées. Des visuels immersifs guident les supporters à travers les terminaux. Des installations monumentales — ballons symboliques, motifs du tournoi — rappellent que le mois à venir sera celui du football africain.
« On a l’impression que le tournoi commence dès l’atterrissage », sourit Joseph Kabongo, supporter congolais arrivé de Kinshasa.
« Vous n’avez même pas encore tamponné votre passeport que l’énergie est déjà là. C’est différent des autres compétitions. »

Des aéroports prêts pour la plus grande scène africaine
Derrière le décor, le spectacle repose sur des mois de préparation logistique et de modernisation des infrastructures.
Ces douze derniers mois, le Maroc a augmenté les capacités d’accueil, fluidifié les parcours passagers, renforcé les dispositifs de sécurité et mobilisé du personnel supplémentaire pour absorber l’afflux attendu. L’opération associe plusieurs institutions : le ministère de l’Intérieur, la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN), la Gendarmerie Royale, les Douanes, ainsi que le ministère du Transport et de la Logistique.
Zones d’accueil dédiées, signalétique multilingue, équipes d’assistance renforcées, systèmes de supervision en temps réel : tout est en place, en particulier dans les villes hôtes, pour garantir — selon l’ONDA — « un accompagnement optimal dès l’arrivée sur le sol marocain ».
Une promesse déjà perceptible pour les premiers arrivants.
« Tout s’est déroulé sans accroc », témoigne Amina Diallo, supportrice sénégalaise arrivée à Casablanca avec des amis.
« Il y a des volontaires partout, des indications claires, et les décorations football donnent le sourire. C’est organisé, mais aussi très chaleureux. »
Un festival avant les tribunes
L’ambiance est voulue, pensée, scénarisée. Les aéroports accueillant des matches de la CAN ont été conçus comme des prolongements du tournoi : passerelles illuminées, tunnels de supporters, arches monumentales, zones interactives… Le spectacle commence bien avant le coup d’envoi.
Un film promotionnel récemment dévoilé par l’ONDA résume l’intention : faire des aéroports le premier chapitre de l’expérience CAN, à la croisée du football, de la culture et de l’hospitalité.
Pour Abdulrahman Sule, supporter nigérian arrivé de Lagos, le message est limpide.
« On sait immédiatement qu’on est dans un pays de CAN. Les couleurs, les écrans, les ballons… tout dit que l’Afrique s’est donné rendez-vous ici. »
Un test grandeur nature avant 2030
La gestion de cette phase d’arrivée sera scrutée de près. Après avoir accueilli la CAN féminine en 2024 puis la CAN U-17 en 2025, le Maroc avance avec, en ligne de mire, la co-organisation de la Coupe du Monde FIFA 2030. La maîtrise des flux, de l’accueil et de l’expérience supporters constitue un indicateur clé.
L’ONDA ne présente pas l’opération comme un simple défi logistique, mais comme un jalon stratégique dans l’ambition du Royaume de s’affirmer comme un hub aérien et touristique continental.
« Nos aéroports ne sont pas de simples lieux de passage », souligne l’Office. « Ce sont des espaces où commence le voyage africain. »
Un sentiment partagé par ceux qui franchissent les frontières pour la CAN.
« J’ai déjà vécu plusieurs CAN », confie Youssef Benali, venu accueillir des amis algériens à l’aéroport.
« Mais là, c’est différent. On sent que c’est plus grand. Comme si le Maroc disait : Afrique, tu es chez toi. »
Le tournoi commence dès l’atterrissage
À mesure que les vols se succèdent et que les halls d’arrivée se parent de maillots, de drapeaux et de chants, une certitude s’impose : la CAN 2025 a déjà commencé. Sans coup de sifflet, mais avec un accueil.
Des ballons géants aux campagnes LED éclatantes, les aéroports marocains sont devenus les premiers stades du tournoi. Ils offrent une promesse aux supporters : cette Coupe d’Afrique des Nations se racontera dès le tout premier pas posé sur le sol marocain.